Bukavu : « J’ai compris ce jour-là que la violence sexuelle peut aussi passer par le numérique »

Bukavu : « J’ai compris ce jour-là que la violence sexuelle peut aussi passer par le numérique »

« J’ai compris ce jour-là que la violence sexuelle peut aussi passer par le numérique », confie une étudiante en Master en droit à l’Université Officielle de Bukavu.

Elle évoque l’expérience traumatisante vécue par une amie qui, après avoir perdu son téléphone dans un auditoire, a été contactée par celui qui l’avait récupéré.

L’individu a exercé une pression psychologique en exigeant de l’argent en échange du silence sur des données personnelles contenues dans l’appareil. Profondément déstabilisée, la jeune femme a finalement été encouragée à dénoncer la situation auprès de la faculté.

Si le téléphone a été récupéré, aucune sanction n’a été prise contre l’auteur des faits.

Pour la témoin, cette affaire illustre un phénomène en pleine expansion :

« Il faut renforcer le cadre légal sur les violences numériques pour protéger les victimes. Ce qui est arrivé à mon amie peut arriver à n’importe qui. »

Ce témoignage a ouvert la formation qui a réuni des étudiants de l’UCB, de l’UOB, de l’UEA et de l’ISDR, dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, lors d’une session organisée par la GIZ à l’Université Évangélique en Afrique.

Au cœur des débats, la nécessité urgente de créer des espaces de parole sécurisés.
Pierre Swedi, chargé des questions estudiantines à l’UEA, a plaidé pour la mise en place de mécanismes d’écoute anonymes dans les universités :

« Sans espaces sécurisés d’expression, aucune université ne peut réellement combattre ces violences. »

Les échanges ont mis en lumière la hausse des cas de chantage numérique, de menaces liées à la divulgation de données personnelles et de diverses formes de manipulation psychologique, confirmant que le numérique s’impose aujourd’hui comme un terrain majeur des violences basées sur le genre.

Intervenant comme oratrice principale, Madame Claudia Nfundiko, de la GIZ, a insisté sur l’origine structurelle de ces violences.
Elle a souligné que :

« La différence entre l’homme et la femme ne repose pas sur la nature, mais sur le pouvoir que la société attribue à l’un ou à l’autre. »

Selon elle, tant que ces rapports de pouvoir ne seront pas remis en question, les violences – qu’elles soient physiques, psychologiques ou numériques – continueront de s’enraciner dans le quotidien des étudiants.

Cette formation marque une étape importante dans les efforts visant à transformer les campus de Bukavu en espaces sûrs, respectueux et égalitaires, où chaque étudiant peut poursuivre ses études sans crainte, ni intimidation, ni pression.

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