COP30 à Belém : Tosi Mpanu Mpanu expose les attentes de la RDC et de l’Afrique
Alors que la 30ᵉ Conférence des Parties sur le climat (COP30) bat son plein, la République démocratique du Congo défend une position stratégique, faire reconnaître les circonstances particulières de l’Afrique dans les négociations climatiques mondiales.
Dans un entretien exclusif, Tosi Mpanu Mpanu à accordé un entretien exclusif le 11 novembre 2015 à nos confrères d’environewsrdc.org, Conseiller du Chef de l’État congolais en matière d’environnement et négociateur senior de la RDC, a expliqué les enjeux de cette revendication portée par plusieurs pays africains.
« L’Afrique n’est pas un bloc uniforme. Certains États connaissent une forte émergence économique, d’autres demeurent extrêmement vulnérables face au changement climatique », souligne-t-il.
« Nous voulons que cette diversité soit reconnue et que nos réalités soient prises en compte dans les décisions globales. »
Selon le diplomate congolais, la présidence de la COP a déjà soumis cette question à une session de consultation afin d’évaluer les modalités de reconnaissance de ces spécificités africaines dans les textes officiels.
Financement climatique : le débat autour du TFFF
La RDC attend également des éclaircissements sur les mécanismes de financement forestier, notamment le Tropical Forest Finance Facility (TFFF), qui prévoit une compensation de 4 dollars par hectare pour la préservation des forêts.
« Si vous prenez un hectare utilisé pour le bois de chauffe, que produit-il réellement ? Quelles retombées économiques pour les communautés locales ? » s’interroge Tosi Mpanu Mpanu.
« Quatre dollars par hectare ne suffisent pas à compenser les usages alternatifs. Il faut donc se demander si le TFFF répond à nos besoins ou s’il faut envisager d’autres mécanismes de financement. »
Pour Kinshasa, la COP30 représente une opportunité cruciale de repositionner la RDC comme puissance climatique et forestière du Sud global, tout en exigeant une justice environnementale alignée sur les efforts de conservation consentis par le pays.
« Nous devons transformer notre capital naturel en moteur de développement durable, pas en fardeau économique », conclut le négociateur congolais.
