Idjwi : les familles des victimes du naufrage exigent des indemnisations auprès de PROLASA
À Idjwi, les familles des victimes du naufrage survenu le 1er décembre 2025 sur le lac Kivu demandent à PROLASA d’assumer pleinement ses responsabilités. Les personnes disparues étaient en mission de service et travaillaient, pour certaines, depuis plus de dix ans sans contrat ni protection sociale. Selon les proches, ce drame révèle une précarité longtemps ignorée dans les conditions de travail imposées à ces ouvriers.
Les réclamants dénoncent le silence persistant de PROLASA depuis le jour de l’accident. Ils affirment n’avoir reçu aucune communication officielle, aucune assistance matérielle, ni le moindre accompagnement psychologique.
Pour les familles endeuillées, cette attitude aggrave la douleur déjà immense causée par la perte de leurs proches.
Dans une lettre collective portant douze signatures, les familles exigent la prise en charge complète des funérailles dans chaque ménage touché ainsi que la couverture médicale des rescapés toujours hospitalisés.
Elles demandent également l’indemnisation des familles, mettant en avant les longues années de service effectuées sans contrat. Elles rappellent enfin que les victimes doivent être inhumées dans un endroit décent, dans le respect total de la dignité humaine.

Le document mentionne également que l’embarcation accidentée serait un bien appartenant à l’État, utilisé régulièrement pour les activités de PROLASA, ce qui, selon les signataires, établit clairement la responsabilité de l’organisation.
Selon les informations recueillies, vingt-six passagers se trouvaient à bord de la pirogue lors du naufrage. Les ouvriers de PROLASA effectuent des navettes régulières entre Lweza, dans le groupement de Bugarula, et Bukinanyana, dans le groupement de Bunyakiri. Le jour du drame, ils se rendaient à Bukinanyana après avoir quitté Lweza. Plusieurs sources affirment que ces travailleurs sont des journaliers employés depuis une décennie sans contrat et sans protection légale.
Dans la communauté locale, la colère monte. Certains habitants de Lweza accusent PROLASA d’avoir déplacé les ouvriers pour aller travailler à Kashebere, ce qui les aurait exposés à ce tragique accident dans un site connu sous le nom de Bushuba. Des messages de condoléances circulent déjà, pleurant la disparition de pères, de mères, de frères, de sœurs et de voisins. Les habitants expriment une profonde douleur face à ce drame qui frappe tout le groupement de Bugarula, la chefferie de Rubenga et plus largement tout le territoire d’Idjwi.
Parmi les signataires de la lettre figurent Bunia Naseti, Ladislas Rizingi, Jean de Dieu Nbaherangabo, Kale Kazingori, Magneth Kiaweso, Rusinze Maleti, Lombale Lucunbula, Pyenda Njamalubwe, Mutembeya Kasirika ainsi que le chef du village Emmanuel Mahensi qui soutient les démarches menées par les familles.
À ce jour, PROLASA n’a toujours pas réagi publiquement aux revendications ni aux interrogations de la communauté.
