64 ans de la Croix-Rouge Bukavu : « On ne donne pas des statistiques (chiffres de morts) à la presse en cas de conflit
La Croix-Rouge et le CICR défendent leur mission humanitaire en zone de conflit sous AFC M23 devant la presse à Bukavu. ©photo Janvier BARHAHIGA
À l’occasion du 64e anniversaire de la Croix-Rouge, célébré ce 8 mai au bureau provincial situé sur l’avenue Saio à Bukavu, les représentants de l’organisation humanitaire et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont tenu à clarifier leur rôle dans les zones de conflit. Face aux critiques et rumeurs récentes, ils ont rappelé leur engagement strictement humanitaire, basé sur la neutralité et l’impartialité.
Réagissant à des allégations selon lesquelles des éléments du groupe armé M23 auraient exigé la remise de certains blessés de guerre, Sabrina Denuncq, cheffe de la sous-délégation du CICR pour le Sud-Kivu et le Maniema, a précisé :
« Le CICR n’est pas une autorité hospitalière. Nous soutenons les structures médicales, mais nous ne les gérons pas. Notre mission consiste à favoriser le dialogue avec toutes les parties en conflit pour garantir le respect de la mission médicale. Cela implique de permettre au personnel de santé d’évacuer et de soigner les blessés, y compris dans les zones sous contrôle armé. »
Elle a insisté sur la nécessité de laisser les structures médicales exercer librement leurs fonctions et d’aborder tout incident par des échanges confidentiels entre les parties concernées :
« Les violations de la mission médicale – qu’il s’agisse d’obstruction, de destruction ou de confiscation de matériel doivent faire l’objet d’actions discrètes mais déterminées, toujours dans le respect des principes humanitaires. »
Pour sa part, M. John, secrétaire exécutif provincial de la Croix-Rouge au Sud-Kivu, a exhorté les journalistes à se référer uniquement aux données officielles communiquées par les autorités compétentes :
« Si la Croix-Rouge annonce 10 blessés et 15 morts, et que le gouverneur en signale 5 ou 30, qui croire ? C’est à l’autorité publique de communiquer les chiffres officiels. »
Il a souligné que la Croix-Rouge collecte les informations pour des raisons de transparence, notamment afin d’éviter que des corps enterrés sans identification ne fassent ultérieurement l’objet de réclamations problématiques :
« Notre travail vise à faciliter la gestion humanitaire des crises, mais nous respectons le cadre légal et institutionnel en vigueur. »
Cet anniversaire intervient dans un climat sécuritaire tendu dans l’est de la RDC. Malgré les défis, la Croix-Rouge réaffirme son engagement à protéger le personnel médical et à faire respecter les principes fondamentaux d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance.
