Bukavu : chercher de l’eau potable reste un combat de chaque jour

Bukavu : chercher de l’eau potable reste un combat de chaque jour

 

À Bukavu, perchée entre les collines qui bordent le lac Kivu, une chose aussi simple que boire de l’eau potable tient du luxe. Pourtant, le lac est là, immense. Les sources naturelles aussi.

Mais pour de nombreux habitants, ces richesses naturelles ne profitent qu’à quelques-uns. Pour les autres, chaque jour commence avec une même mission : trouver de l’eau, coûte que coûte.

Dans plusieurs quartiers comme celui de SINELAC, en commune d’Ibanda, la scène se répète dès l’aube : femmes, enfants, parfois même des vieillards, alignent des bidons jaunes, bleus, verts… dans l’espoir de puiser quelques litres d’eau. L’attente est longue, la fatigue est visible. Les points d’eau sont rares, improvisés, souvent dangereux.

Clarisse, 38 ans, mère de quatre enfants, habite à SINELAC. Chaque matin, elle se lève avant le soleil pour aller chercher de l’eau à une source au bas de la colline.

« L’eau que nous utilisons, ce n’est pas vraiment de l’eau potable. Elle est sale, mais on fait avec. On n’a pas le choix. On ne peut pas vivre sans eau », dit-elle, essuyant la sueur sur son front.

Ce parcours épuisant est aussi risqué. La file d’attente peut durer des heures. Et quand l’eau arrive enfin, elle est souvent trouble, porteuse de maladies. « L’eau transporte des champignons, des vers, parfois même des choses qu’on ne voit pas à l’œil nu. Mon fils a eu des boutons qui ont duré des semaines », confie Justin, un père de famille du même quartier.

L’injustice d’être facturé sans service

Comme si cela ne suffisait pas, certaines familles reçoivent chaque mois une facture de la REGIDESO. Pourtant, leurs robinets sont à sec depuis des années.

C’est le cas de Joséphine, 52 ans : « On nous envoie des factures pour de l’eau qu’on n’a jamais vue. Ici, il n’y a même pas de tuyau qui fonctionne. C’est blessant. On se sent oubliés, méprisés. »

Une régie qui avoue son impuissance

À la REGIDESO, on reconnaît les limites du système. Les infrastructures datent de plusieurs décennies, les tuyaux sont souvent cassés, et les nouvelles constructions dépassent la capacité du réseau. Un responsable local explique

« Nous essayons de capter de nouvelles sources et d’étendre le réseau, mais les moyens manquent et la demande est énorme. »

Des promesses, les habitants en ont entendu beaucoup. Mais sur le terrain, la situation empire. L’eau, bien qu’essentielle à la vie, reste un rêve inaccessible pour des milliers de familles à Bukavu.

Dans cette ville marquée par les conflits, la pauvreté et les déplacements de population, le manque d’eau potable résume à lui seul la dureté de la vie quotidienne. Chaque bidon rempli est une victoire, chaque goutte d’eau un soulagement.

 

L’article a été réalisé dans le cadre du projet « Habari za Mahali », porté par le consortium RATECO et REMEL, avec le soutien de Media4Dialogue de La Benevolencija.

 

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