Bukavu : Le monnayage du contrôle routier? (edito)
Par la Rédaction
À Bukavu, le contrôle des documents de bord des véhicules, prévu tout au long du mois de décembre 2024, suscite de vives controverses. Ce dispositif, censé être une opération ordonnée par le ministère provincial des Finances du Sud-Kivu pour vérifier la conformité des véhicules, semble prendre une tournure peu orthodoxe.
En effet, des agents du ministère provincial auraient érigé des barrières artisanales, faites de clous fixés sur des planches, le long de plusieurs artères de la ville. Ces barrières servent non seulement à immobiliser les véhicules, mais également à exiger aux non détenteurs de documents des paiements non officiels oscillant entre 5 000 et 10 000 francs congolais par point de contrôle, pour des intérêts privés.
Cette pratique, qui détourne la mission officielle de contrôle, a été dénoncée par plusieurs députés provinciaux, la qualifiant d’illégale et contraire aux intérêts des usagers. Les documents requis pour les conducteurs incluent la vignette annuelle, le contrôle technique, la taxe de voirie et le permis de conduire, avec un coût total estimé à 110 $ pour les documents de bord, et 35 $ pour le permis de conduire. Cependant, de nombreux conducteurs peinent à réunir ces sommes, plongeant plusieurs véhicules dans une mise en circulation temporaire.
Ces pratiques augmentent la pression économique sur les transporteurs locaux, déjà confrontés à une situation économique difficile. Face à ces barrières, certains propriétaires de véhicules préfèrent suspendre leurs activités, provoquant un ralentissement du transport urbain et interurbain.
Les autorités provinciales sont appelées à intervenir rapidement pour clarifier et réglementer ces opérations. Une transparence accrue et des contrôles effectués dans le respect de la loi pourraient non seulement éviter ces dérives, mais également restaurer la confiance entre l’administration et les citoyens.
Le contrôle routier doit avant tout être une opération d’organisation et de sécurité publique, et non un prétexte à l’enrichissement personnel.
