Bukavu : Les Bureaux d’État face aux archives orphelins (éditorialiste)
Les archives et documents détenus par l’État congolais à Bukavu disparaissent progressivement, victimes d’incendies, de négligence ou d’un stockage inapproprié.
L’absence d’une politique claire de numérisation aggrave ce problème, mettant en péril des données essentielles pour la gestion administrative et la mémoire collective.
Des archives abandonnées à leur sort
Dans de nombreux bureaux de l’État, notamment parmi les 54 divisions provinciales et certains ministères locaux, la situation est alarmante. À l’entrée même de ces institutions, on aperçoit des sacs d’archives, des étagères surchargées, et d’autres documents abandonnés à terre. Ces piles, souvent recouvertes de poussière, ne bénéficient d’aucune protection contre l’humidité, le feu ou le vol.
Une gestion dépassée
Même des documents classés secrets et datant de moins de dix ans, période normalement réservée à leur archivage officiel, sont accumulés dans des conditions précaires. Cette situation reflète une gestion dépassée et désorganisée. En l’absence de moyens, de stratégie ou d’outils modernes, les institutions entassent les archives sans envisager leur tri, leur numérisation ou leur conservation à long terme.
Les risques en cas de sinistre
La disparition ou la destruction de ces archives a des répercussions graves, les citoyens peuvent perdre l’accès à des documents essentiels, tels que les actes d’état civil, les titres de propriété ou les registres fiscaux.
» L’absence d’archives limite les possibilités d’audit et nuit à la reddition de comptes,mémoire collective effacée avec la perte de documents historiques affaiblit le patrimoine administratif, culturel et social de la région. »
La numérisation, une solution indispensable
Pour remédier à ce problème, la numérisation des archives s’impose comme une nécessité. Cette solution offre plusieurs avantages une sauvegarde durable
« Les informations numérisées peuvent être stockées sur des serveurs sécurisés, résistant aux incendies, à l’humidité et aux dégradations physiques. En plus il faut une accessibilité améliorée car les données numériques sont facilement retrouvables et consultables sans oublié une réduction des coûts à long terme bien qu’exigeant un investissement initial, la numérisation diminue les besoins en espace physique et en gestion manuelle. »
Il est urgent que les autorités du Sud-Kivu prennent des mesures concrètes adopter une politique de numérisation : Mettre en place des outils modernes et des formations adaptées pour les fonctionnaires en créant des centres de stockage modernes des bâtiments sécurisés et climatisés pour conserver les documents physiques de manière adéquate mais également d’etablir des partenariats spécialisés en travaillant avec des experts et des organisations pour bénéficier de technologies avancées et de ressources nécessaires.
Sans action immédiate, les archives publiques continueront de disparaître, privant les générations futures de leur droit à l’information et à la mémoire. Numériser et préserver les documents d’aujourd’hui, c’est investir dans une administration efficace, transparente et respectueuse du patrimoine. Les autorités doivent agir dès maintenant pour éviter que cette situation ne se transforme en un désastre irréversible.
