Bukavu : Panique après la récupération d’armes abandonnées par des présumés enfants de militaires et évadés de prison
Une nuit d’insécurité totale a frappé Bukavu entre le 14 et le 15 février, après que des présumés enfants de militaires, des voyous et des évadés de la prison centrale se sont emparés d’armes abandonnées par certains éléments des FARDC en fuite.
Des tirs sporadiques ont été entendus dans plusieurs quartiers, notamment Cercle Typique, Paysage, Muhungu, Nguba, Mukukwe, Nyawera (Ibanda), Nyamugo et Industrielle (Kadutu), ainsi qu’à la Brasserie et Bagira, plongeant la population dans la peur, alors qu’aucune communication officielle n’a été faite sur la situation.
D’après des vidéos virales sur les réseaux sociaux et des témoins interrogés par www.bkinfos.net, plusieurs jeunes vivant aux abords du camp Saïo se sont amusés à tirer en l’air, provoquant la panique. Certains se disputaient même des mitrailleuses abandonnées. Après avoir épuisé leurs munitions, des habitants ont réussi à leur retirer les armes.
Parallèlement, une vague de pillages a éclaté, notamment sur l’avenue Industrielle, où des magasins ont été forcés après des tirs sur les cadenas. À Nyamugo, des dépôts de la Bralima ont été saccagés, et des bières, habituellement vendues 4 000 FC, étaient bradées à 1 000 ou 1 500 FC. À Feu Rouge et Saïo, des jeunes ont capturé deux présumés voleurs, supposés évadés de prison, et les ont brûlés vifs avec des télévisions et des téléphones volés.
À la Brasserie, des sacs de farine coûtant 20 dollars (56 000 FC) ont été revendus à moins de 10 000 FC, tandis que le riz, d’ordinaire entre 25 et 28 000 FC, était bradé à 10 dollars.
À Bagira, des produits de la Bralima ont été volés et revendus à bas prix, portant un coup dur aux commerçants. Selon un habitant, « ce drame ramène 20 ans en arrière en matière d’investissements », forçant de nombreux opérateurs économiques à tout recommencer.
Cette situation chaotique a également conduit à une évasion massive à la prison centrale de Bukavu, vers 22h40, profitant de la confusion générale. De nombreux détenus sont désormais en fuite, ce qui augmente l’inquiétude des habitants déjà terrifiés par la montée de l’insécurité dans la ville.
Face à ce climat de violence, la population appelle à un contrôle plus strict des armes par les forces de l’ordre pour éviter que de telles scènes ne se reproduisent. Un responsable d’AMIS Congo, une agence de fret située à Feu Rouge, alerte .
« Si ces armes restent entre de mauvaises mains, Bukavu risque de sombrer dans une insécurité encore plus grande ». Jusqu’à présent, aucune réaction officielle des autorités n’a été enregistrée, laissant les habitants dans l’attente de mesures urgentes pour restaurer le calme.
