Bukavu : plus de 100 familles dorment à la belle étoile après un incendie, les jeunes appellent à l’aide
À Bukavu, les cendres sont encore chaudes, les pleurs n’ont pas cessé, et plus de 100 familles n’ont désormais plus rien, sinon la poussière et les souvenirs. L’incendie, survenu dans l’après-midi du vendredi 1er août, a dévasté un pan entier des quartiers entre l’Hôpital général et Taxas. Des maisons ont brûlé les unes après les autres, emportant avec elles années d’efforts, économies, espoirs et dignité.
D’après les témoignages recueillis, le drame aurait débuté dans une maison où une mère de 13 enfants, occupée sur son téléphone, a laissé l’huile chauffer sur un brasero (bamboula). En quelques instants, une flamme a suffit pour tout embraser. Le vent, le courant électrique actif, et les habitations en bois ont fait le reste. Plus de 103 ménages ont été anéantis.
« On n’a rien pu sauver. Même les cahiers des enfants sont partis en fumée », murmure une mère, tenant la main de son fils pieds nus, le regard
Dans une lettre poignante référencée N-13/CUJ-BKV/SK/2025, le Conseil Urbain de la Jeunesse de Bukavu (CUJ), structure apolitique et laïque, tire la sonnette d’alarme :
« Ces familles dorment dehors. Elles n’ont ni toit, ni nourriture, ni habits, ni médicaments. Elles ont tout perdu. »
Les incendies deviennent fréquents dans la ville. Celui du 1er août n’est que le dernier d’une série qui, depuis juillet, plonge chaque semaine des familles entières dans la misère. Et cette tragédie survient dans un contexte local déjà extrêmement difficile ,les banques sont fermées depuis février, paralysant l’accès à l’argent ; la ville est sous le contrôle du mouvement M23, rendant toute aide humanitaire plus complexe ; les ONG et institutions peinent à intervenir.
Face à cette crise humanitaire, le CUJ appelle à la conscience collective. Il lance un appel aux cœurs sensibles, à toutes les bonnes volontés, fournir d’urgence des bâches, planches, tôles, matelas, farine, riz, ustensiles, vêtements, savon…demander au M23 de garantir l’accès libre et sécurisé aux aides humanitaires ;
3. Se dire prêt, avec les volontaires, à coordonner localement une distribution équitable ;
4. Alerter sur les risques imminents : choléra, maladies hydriques, malnutrition, et traumatismes invisibles chez les enfants, les femmes, les jeunes.
> « Ce n’est plus une affaire politique. C’est une affaire humaine. Il s’agit de choisir : laisser ces familles dans les cendres, ou tendre la main.
En l’absence de camions anti-incendie, ce sont les jeunes du quartier Nkafu qui ont lutté, courageusement, à la force des bras, avec de l’eau et en cassant des clôtures, pour éviter le pire.
Aujourd’hui, ils n’ont plus rien, mais ils gardent un espoir : celui de voir leur détresse entendue.
