Bukavu – Quartier Ndendere : la population veut récupérer son terrain de football pour relancer la pratique sportive
Le quartier Ndendere, en commune d’Ibanda à Bukavu, vibre à nouveau au rythme du football. Les habitants, surtout ceux de l’avenue Saïo 3, multiplient les efforts pour récupérer le terrain de football situé sur l’espace de l’Athénée d’Ibanda, un site qui fut jadis le cœur battant du sport local.
Ce terrain mythique, qui a accueilli son dernier grand championnat en 1998, avait été transformé en camp de réfugiés rwandais et burundais pendant plus de dix ans sous la gestion du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et de la Commission Nationale pour les Réfugiés (CNR). Aujourd’hui, avec la clôture du site et sa rétrocession à l’Athénée d’Ibanda – propriétaire historique avant la guerre d’occupation – la population souhaite y relancer les activités sportives.
Ce dimanche, les habitants ont organisé un salongo (travail communautaire) pour nettoyer le terrain : déracinement des mauvaises herbes, enlèvement de pierres et défrichage général. Une action qui témoigne d’un attachement profond à cet espace sportif. « Ce terrain a longtemps été notre seul lieu d’entraînement et de cohésion. Le voir se dégrader faisait mal, mais aujourd’hui nous voulons le récupérer », témoigne un jeune joueur.
Une réunion improvisée a réuni les participants au salongo, au cours de laquelle a été évoquée l’idée d’engager une discussion avec un présumé locataire du site. Ce dernier se serait montré ouvert à la réhabilitation de l’aire de jeu, dans le but de permettre à la jeunesse de retrouver un cadre d’entraînement et de compétition.
Pour Monsieur Éric Murabazi, chef de l’avenue Saïo, la vigilance reste de mise :
« Le maire de la ville nous a demandé de le prévenir si des individus tentaient de faire des mesurages suspects sur ce terrain. Ce lieu appartient à l’État et doit profiter à la jeunesse. »
Au-delà de l’enjeu foncier, les jeunes sportifs interrogés soulignent une urgence sociale : la recrudescence de l’alcoolisme et du banditisme faute d’activités structurantes. « Beaucoup de nos coéquipiers ont abandonné le sport, faute d’espace. Certains ont sombré dans l’alcool », regrette un autre joueur.
La renaissance du terrain de Ndendere serait donc bien plus qu’un simple projet sportif : c’est une promesse d’avenir pour toute une génération de jeunes à Bukavu.
