Bukavu : Un mariage civil à Ia commune d’banda coûte jusqu’à 180$ sans preuve de paiement
Le vendredi 13 décembre 2024, la maison communale d’Ibanda, à Bukavu, a célébré dix mariages dans un laps de temps restreint, de 10h à 12h. Mais derrière ces cérémonies se cache une gestion opaque et chaotique des frais liés au mariage civil, suscitant colère et interrogations parmi les citoyens.
Des frais imposés, aucune trace écrite
Chaque étape du processus matrimonial dans cette commune est marquée par des paiements non justifiés. Parmi les principales dépenses :
Inscription au banc de mariage : 20 $ sans reçu.
Annonce de mariage à la commune : 10 $, prétendument pour un « encadrement » sur le divorce, un service inexistant en pratique.
Célébration par le bourgmestre : 120 $. Si elle est assurée par un préposé d’état civil, le coût baisse à 80 $.
Impôt fiscal pour parrains, marraines et accompagnateurs : 10 000 FC par personne (soit 60 000 FC pour six couples), collectés directement en mains propres, sans aucune traçabilité.
Sac de ciment obligatoire : facturé 10 $, alors que son prix réel sur le marché est de 8,5 $.
Ces sommes, bien que significatives, ne s’accompagnent d’aucune pièce justificative. Une situation qui alimente la suspicion : où va cet argent ?
L’indignation des citoyens
Les mariés et leurs familles se sentent pris au piège d’un système qui semble exploiter leur moment de bonheur. « Qu’est-ce qu’ils font de cet argent non tracé ? Nous venons de dépenser 10 000 FC par tête de parrain, et l’argent disparaît dans des mains sans aucun reçu », s’indigne un parent d’un des couples concernés.
Propositions pour une réforme
Face à cette situation, certaines voix, dont celle de Marie, proposent des solutions concrètes :
1. Mise en place d’un compte bien tracé : Chaque paiement devrait être consigné et accompagné d’un reçu officiel pour assurer la transparence.
2. Création d’un compte bancaire dédié : Les frais de mariage pourraient être déposés directement dans un compte bancaire commun, permettant ainsi une meilleure traçabilité des fonds.
Une gouvernance en question
Ces pratiques révèlent des défaillances criantes dans la gestion des services publics à Ibanda. Le mariage civil, qui devrait être un acte accessible et transparent, devient un casse-tête financier et administratif.
Les autorités locales doivent impérativement rétablir la confiance des citoyens en adoptant des mécanismes de gestion clairs, traçables et équitables. Le mariage est un droit, et il est temps que ce processus soit géré avec le respect qu’il mérite.
