Bukavu : Une gestion des déchets dépassée par la production quotidienne
La ville de Bukavu fait face à une situation critique en matière de gestion des déchets, avec une production quotidienne de 898 tonnes, bien au-delà des capacités de collecte de la mairie. Cette incapacité structurelle expose les habitants à des risques sanitaires et environnementaux, nécessitant une révision urgente des politiques et des infrastructures.
Cela a été un débat public organisé par l’Association des Femmes des Médias (AFEM) ce vendredi 13 décembre 2024 à bukavu.
Actuellement, la mairie de Bukavu dispose d’un seul camion d’une capacité de 25 tonnes par tournée pour évacuer les déchets. Avec une production journalière de 898 tonnes, il faudrait environ 36 tournées par jour pour répondre aux besoins, soit 252 tournées par semaine ou 1078 tournées par mois. Cependant, les moyens disponibles sont bien en deçà de cette exigence.
Le maire adjoint, le Professeur Augustin Ruchokeza, a reconnu les limites des équipements actuels :
> « Nous faisons de notre mieux avec les ressources limitées à notre disposition, mais les défis sont immenses. Nous avons besoin de solutions structurelles et d’un soutien accru des parties prenantes. »
Des défis qui s’accumulent0
Outre l’insuffisance des équipements, plusieurs facteurs aggravent la situation :Manque de planification urbaine : Des constructions anarchiques empêchent l’installation de systèmes de gestion efficaces. Absence de tri sélectif : Tous les déchets sont mélangés, augmentant le volume à évacuer.Culture de gestion des déchets déficiente : Comme le souligne Maurice Safari, rapporteur de la société civile du Sud-Kivu :
« Les travaux communautaires, ou salongo, ne changent rien. Avant ou après, les quartiers restent dans le même état. »
Janvier Mizo Kabare, de la Synergie des organisations pour l’assainissement, a rappelé la nécessité de créer un fonds provincial dédié à la gestion des déchets, une proposition restée sans suite.
Face à cette crise, plusieurs pistes de solutions s’imposent :
Acquisition de nouveaux camions pour augmenter la capacité de collecte.Mise en place d’un tri sélectif pour réduire le volume de déchets à transporter. Sensibilisation des habitants pour adopter de meilleures pratiques de gestion des déchets.Création d’un fonds provincial dédié pour financer les initiatives locales et moderniser les infrastructures.
Les déchets non collectés dans les quartiers posent un danger immédiat pour la santé publique, augmentant les risques de maladies liées à l’insalubrité. Le Professeur Alex Lina, conseiller en matière d’assainissement, a insisté sur la responsabilité individuelle des citoyens :
> « La gestion des déchets affecte directement notre santé. Chacun doit jouer son rôle. »
La crise des déchets de Bukavu met en lumière l’urgence d’agir pour éviter une détérioration supplémentaire des conditions de vie.
Un problème collectif requiert une réponse collective. La ville de Bukavu a besoin de l’engagement de tous pour surmonter cet obstacle.
