COP30 à Belém : António Guterres appelle à une transition énergétique juste, rapide et finale
Devant les chefs d’État réunis à la table ronde sur la transition énergétique, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a une nouvelle fois lancé un cri d’alarme à Belém (Brésil), 7 novembre 2025. Il a exhorté les dirigeants mondiaux à accélérer la sortie des énergies fossiles dans un esprit de justice, d’équité et de solidarité.
Selon lui, le monde avance, mais beaucoup trop lentement. Même si les engagements nationaux pris jusqu’ici sont pleinement appliqués, la planète se dirige vers un réchauffement supérieur à deux degrés. António Guterres a reconnu que dépasser la limite des 1,5°C est désormais inévitable dès le début des années 2030, mais il a insisté sur le fait que la durée et l’ampleur de ce dépassement dépendront de la rapidité des actions entreprises aujourd’hui.
Le Secrétaire général a salué les progrès notables réalisés dans le secteur des énergies renouvelables. L’année 2024, a-t-il rappelé, a marqué un tournant historique : 90 % des nouvelles capacités électriques installées dans le monde provenaient de sources renouvelables, pour un investissement global de 2 000 milliards de dollars, soit 800 milliards de plus que les énergies fossiles. Il a affirmé que les énergies propres sont désormais la source d’électricité la moins coûteuse dans presque tous les pays et qu’elles créent trois fois plus d’emplois que les énergies fossiles.
Toutefois, António Guterres a dénoncé une transition mondiale profondément inégale. L’Afrique, par exemple, ne reçoit que 2 % des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables, une situation qu’il a qualifiée d’inacceptable. Il a plaidé pour un effort collectif afin de lever les barrières financières et technologiques qui empêchent les pays du Sud de bénéficier équitablement de la transition énergétique.
Il a ensuite appelé les États à aligner leurs politiques et leurs incitations économiques sur les objectifs climatiques, à supprimer les subventions aux énergies fossiles et à placer l’humain au centre de la transformation énergétique. Il a insisté sur la nécessité de soutenir les travailleurs et les communautés dont la subsistance dépend encore du charbon, du pétrole et du gaz, tout en développant des formations, des protections sociales et des perspectives nouvelles, notamment pour les jeunes et les femmes.
António Guterres a souligné que les infrastructures énergétiques doivent évoluer à la même vitesse que les énergies renouvelables. Il a invité les gouvernements à investir dans les réseaux électriques, le stockage et l’efficacité énergétique, afin de répondre à la demande croissante, y compris celle des centres de données alimentant la révolution de l’intelligence artificielle.
Le Secrétaire général a conclu son discours sur une note à la fois urgente et déterminée. Il a rappelé que le monde doit soutenir les pays en développement dans leur engagement à quitter les énergies fossiles à travers la coopération internationale, les investissements et le transfert de technologies adaptés à leurs capacités.
Selon lui, la direction est claire : construire un monde à émissions nettes nulles, puis négatives, alimenté par les énergies renouvelables. António Guterres a terminé en affirmant que l’âge des énergies fossiles touche à sa fin et que le temps est venu de faire de la transition énergétique une réalité juste, rapide et définitive.
