COP30 à Belém : la RDC veut transformer sa richesse forestière en levier de développement durable
À la 30 Conférence des Parties sur le climat (COP30), la République démocratique du Congo (RDC) entend faire entendre sa voix.
La ministre congolaise de l’Environnement et du Développement durable, Professeure Marie Nyange, a dévoilé à Belém le 11 novembre 2025, la stratégie du pays pour tirer pleinement profit des opportunités offertes par les négociations climatiques internationales.
« Nous voulons que le monde reconnaisse notre capacité à réguler le climat », a déclaré la ministre.
« Mais nous voulons que cette reconnaissance s’accompagne de retombées à la hauteur des sacrifices que nous consentons pour le monde. Nos forêts doivent être maintenues en bon état pour continuer à offrir ces bénéfices aux générations futures, et cette reconnaissance doit parvenir jusqu’aux communautés locales et aux peuples autochtones. »
Une stratégie nationale centrée sur le “Couloir Vert”
Au cœur de cette vision se trouve le Programme du Couloir Vert, une initiative du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, présentée comme un modèle unique au monde.
Cette démarche consiste à créer des réserves communautaires pour préserver la biodiversité, promouvoir une économie verte et améliorer le bien-être des communautés locales et autochtones.
« Le Couloir Vert, c’est la preuve que la RDC ne se contente plus d’être le poumon du monde : elle devient un acteur stratégique de la régulation climatique mondiale », a souligné Marie Nyange.
Vers un marché carbone compétitif et souverain
Autre axe fort de la stratégie congolaise : la mise en place d’un marché carbone national régulé.
Le président Tshisekedi a déjà institué une Autorité de régulation du marché carbone, un outil destiné à encadrer les transactions liées aux crédits carbone générés par les forêts congolaises.
« Nous voulons montrer au monde que la RDC organise désormais son marché carbone de manière compétitive et transparente. Plus personne ne pourra exploiter nos forêts sans notre accord. Grâce aux nouvelles technologies, nous garantirons la traçabilité et les bénéfices reviendront enfin à la nation et à ses populations », a précisé la ministre.
Un message fort à la communauté internationale
À Belém, la RDC plaide pour que la valeur écologique de ses forêts soit reconnue non pas seulement en termes de conservation, mais comme un actif économique et climatique mondial.
Cette position vise à obtenir des compensations justes pour les efforts de préservation consentis, tout en inscrivant le pays dans une trajectoire de développement sobre en carbone et inclusif.
La ministre Nyange a rappelé que la RDC, détentrice de la plus grande partie du bassin du Congo, entend désormais lier la diplomatie climatique à la justice environnementale, afin que la protection de la nature devienne un moteur du progrès social.
