Ecocide au PNKB : Un réseau des jeunes environnementalistes écrit à Corneille NANGAA contre les crimes environnementaux au patrimoine de UNESCO
Camion transporta des sacs de braises traverse la place de l’indépendance à Bukavu ©photo Janvier BARHAHIGA
Le Réseau des Organisations des Jeunes engagés dans le Changement Climatique, la Conservation de la Biodiversité, les Zones Humides et Forêts en RDC (ROJECF-RDC) tire la sonnette d’alarme sur la destruction accélérée du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB), classé patrimoine mondial de l’UNESCO. Dans une lettre ouverte adressée au Coordonnateur Politique du Mouvement AFC/M23 à Goma, les jeunes dénoncent l’exploitation illégale croissante du bois et le braconnage dans les territoires de Kabare et Kalehe, dans la province du Sud-Kivu.
Depuis février 2025, le réseau affirme avoir observé une recrudescence inquiétante de la coupe de bois à des fins de production de braises et de planches, notamment dans les groupements de Miti, Mudaka, Irambi-Katana et Kasheke à Kabare, ainsi que Kalonge et Mbinga-Sud à Kalehe. Le bois issu du parc serait ensuite transporté illégalement vers les marchés de Bukavu et Goma, à raison de plus de 3 000 sacs de braises par jour, selon les enquêtes menées sur le terrain.
« Cette exploitation anarchique détruit les habitats naturels des gorilles de Grauer et met en péril l’un des rares patrimoines écologiques encore debout dans la région des Grands Lacs », s’insurgent les jeunes.
En plus de la pression sur la faune, le ROJECF-RDC alerte également sur les conséquences environnementales plus larges, notamment la menace sur les ressources en eau douce et les barrages hydroélectriques de la Ruzizi, essentiels au développement régional.
Face à cette situation, les jeunes demandent une action urgente du Mouvement AFC/M23, et formulent plusieurs recommandations :
1. Identifier et traduire en justice toutes les personnes impliquées dans le commerce illégal des produits du parc ;
2. Mettre en place une commission indépendante de traçabilité des produits extraits illégalement du PNKB ;
3. Suspendre tout marché de braises en provenance du parc, y compris à Bukavu, Goma et dans les villages environnants.
« Ces destructeurs doivent savoir que l’écocide ne passera pas. Nous refusons de rester silencieux pendant que notre avenir commun est menacé », martèle le communiqué.
Le ROJECF-RDC appelle à une réponse ferme des autorités politiques, tout en rappelant que la loi n° 14/003 du 11 février 2014 sur la conservation de la nature est régulièrement violée, sans mesures concrètes de répression.
