Foire culturelle du Bushi-Bahavu 2024 : Une tribune pour la restitution et la promotion du patrimoine artistique et culturelle du Bushi
Foire culturelle du Bushi-Bahavu 2024, lancée le 6 décembre à Bukavu, a ouvert un espace inédit de réflexion et de dialogue sur l’héritage artistique et culturel des peuples Bahavu. L’événement a mis en lumière une problématique cruciale : la restitution de plus de 500 œuvres d’art du Bushi, actuellement conservées au Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, Belgique.
Une revendication légitime
Lors de cette première journée, Maître Placide Ntole a livré un récit poignant de sa visite à Tervuren, où il a pu contempler des œuvres emblématiques du Bushi, collectées par les colons dans les années 1930. « Ces œuvres représentent l’âme et l’histoire de notre peuple. Il est temps qu’elles retournent sur leur terre d’origine », a-t-il plaidé, appelant les autorités congolaises et internationales à intensifier les efforts pour leur rapatriement.
Paulin Kirishima, chercheur et porte-parole culturelle Tavu , a ajouté à cette réflexion en soulignant la résilience des traditions Bahavu, malgré les pertes dues aux spoliations. Il a également insisté sur la nécessité d’une reconnaissance mondiale de cet héritage.
Des échanges riches et structurés
La foire a été ponctuée par trois panels qui ont exploré diverses facettes du patrimoine et des enjeux culturels notamment les œuvres du Bushi dans les musées internationaux, Objets traditionnels et monarchie Bahavu ainsi que la Culture et cohésion sociale
Une innovation pour la visibilité culturelle
Parmi les initiatives marquantes, BUSHIEXPO a été dévoilée comme une plateforme numérique révolutionnaire. Ce projet, accessible via le site www.bushiexpo.com, vise à promouvoir l’art Bahavu sur la scène mondiale et à faciliter les échanges entre experts, collectionneurs et passionnés.
Tradition et modernité
Les intervenants ont également abordé les tensions entre les pratiques traditionnelles et les influences modernes. Élie Habibu, spécialiste des institutions coutumières, a mis en garde contre l’impact de l’institutionnalisation des chefferies, qui risque de diluer leur essence culturelle. Il a plaidé pour une réflexion approfondie sur l’intégration des nouvelles technologies dans la préservation des traditions.
Gervais Cirhalwirwa, historien, a pour sa part rappelé les rituels uniques entourant l’élection des Mwami, mettant en lumière la capacité des institutions coutumières à évoluer tout en restant fidèles à leurs racines.
Un appel à l’action collective
La Foire culturelle du Bushi-Bahavu 2024 a permis de relancer le débat sur la restitution des trésors culturels et de proposer des pistes concrètes pour valoriser cet héritage. En conclusion, les participants ont été exhortés à s’investir activement dans la préservation et la promotion du patrimoine Bahavu, afin de renforcer l’identité culturelle et d’assurer sa transmission aux générations futures.
Cet événement pose les bases d’une mobilisation collective pour célébrer et protéger un patrimoine inestimable, tout en ouvrant la voie à de nouvelles initiatives pour le faire rayonner sur la scène internationale.
