Guerre à l’Est de la RDC : Les mamans catholiques de Bukavu se mobilisent pour la collecte des dons en faveur des déplacés de guerre
Face aux souffrances des déplacés de guerre venus de Goma et du territoire de Kalehe, les femmes catholiques du diocèse de Bukavu s’organisent pour leur venir en aide. Réunies sous la coordination du Centre OLAME à Bukavu, le 4 février 2025, elles ont annoncé lors d’une conférence de presse leur engagement à apporter un soutien matériel et psychologique aux victimes du conflit.
Madame Thérèse Mema Mapenzi, coordinatrice du Centre OLAME, a mis en avant l’urgence de l’identification des déplacés dans le besoin. « Nous sommes en pleine phase d’identification des déplacés de guerre qui nécessitent notre soutien. En tant que femmes veilleuses, à l’instar de la Vierge Marie, nous devons agir avec compassion et engagement », a-t-elle déclaré devant la presse locale.
Accompagnée d’une dizaine de responsables des mamans issues des différentes paroisses du diocèse, Madame Mema Mapenzi a insisté sur l’importance du plaidoyer auprès des ONG et des organisations internationales.
Elle a précisé que les femmes du diocèse de Bukavu ont opté pour une assistance en vivres et en biens non alimentaires, mais surtout pour un plaidoyer en faveur d’une prise en charge psychosociale des déplacés.
« Il ne suffit pas de nourrir et d’habiller les déplacés, il faut aussi panser leurs blessures intérieures. Trop souvent, l’impact psychologique de la guerre est ignoré, alors qu’il façonne l’avenir des communautés », a-t-elle ajouté.
Les violences liées aux conflits armés laissent des séquelles profondes sur les populations, une réalité que les femmes du diocèse veulent affronter. Madame Mema Mapenzi a souligné la nécessité d’un accompagnement psychologique, non seulement pour les femmes et les enfants, mais aussi pour les hommes, souvent marginalisés sur cet aspect.
« Dans notre société, les hommes portent leurs douleurs en silence. On leur apprend que pleurer est un signe de faiblesse. Mais cette retenue crée une souffrance silencieuse qui alimente la violence et le désespoir. Il est temps d’offrir un espace où chacun peut exprimer ses blessures et retrouver la paix intérieure », a-t-elle expliqué.
Elle a également appelé les médias et les acteurs de la communication à adopter un ton responsable en cette période de crise.
« Nous voulons une communication de guerre qui informe sans semer la panique. Les messages alarmistes aggravent la détresse des populations déplacées et augmentent la psychose générale », a-t-elle averti.
De son côté, Madame Vicky Mutalegwa, responsable des mamans de la paroisse de Panzi, a insisté sur la nécessité de contrôler la désinformation en temps de guerre.
« Les réseaux sociaux sont devenus un canal de diffusion de fausses nouvelles et d’images traumatisantes. Nous demandons au gouvernement d’encadrer leur usage en période de conflit afin d’éviter une panique inutile », a-t-elle déclaré.
Elle a également rappelé que les femmes de l’eglise catholique sont prêtes à jouer leur rôle, mais que le soutien des institutions est indispensable.
Pour mieux structurer l’aide, la Caritas diocésaine prévoit de mener des enquêtes dans les communautés ecclésiastiques de base, appelées Shiraka, afin d’identifier les véritables déplacés de guerre. Ces données permettront d’orienter efficacement la collecte de dons, qui sera centralisée au Centre OLAME.
« Nous appelons tous les habitants du diocèse à se mobiliser. Chaque contribution compte, qu’il s’agisse de vivres, de vêtements ou de services bénévoles. Ensemble, nous pouvons alléger la souffrance de nos frères et sœurs déplacés », a conclu Madame Mema Mapenzi.
