Kamanyola : le retour de la pluie après des semaines d’attente des cultivateurs
Christian Bunani depuis KAMANYOLA
Après plusieurs semaines de désespoir liées à une sécheresse inhabituelle, les cultivateurs de Kamanyola, dans le territoire de Walungu au Sud-Kivu, entrevoient enfin un retour progressif des pluies, porteur d’espoir pour les semences mises en terre depuis novembre dernier.
Selon des témoignages recueillis sur place, les premières averses observées à partir de ce vendredi matin pourraient marquer un tournant pour la saison culturale en cours.
« Un espoir de pluie sur nos semences commence à se manifester à Kamanyola. Depuis le 13 novembre, période durant laquelle nous avons semé le maïs, les haricots et le manioc, la pluie avait complètement disparu. Faute d’eau, les fleurs sur les semences, surtout les haricots, ont séché. Le maïs, dans certains coins, a mieux résisté à la sécheresse », explique Bernard Lwaboshi, cultivateur à Kamanyola.
Cette situation a lourdement affecté les cultures en phase de germination, fragilisant la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des ménages agricoles, largement dépendants de l’agriculture pluviale.
Des spécialistes de l’environnement interrogés pointent plusieurs facteurs expliquant ce retard des pluies.
« Les causes sont multiples : le réchauffement climatique, le déboisement massif, la pollution de l’environnement, mais aussi les impacts des conflits armés. Les explosions survenues dans certaines zones de Kamanyola ont également contribué à perturber les équilibres écologiques. Les conséquences sont visibles : rareté des pluies, dessèchement des semences, chaleur excessive », analyse Adolphe Mushi, environnementaliste.
Il plaide pour des actions concrètes en faveur de la restauration environnementale et de pratiques innovantes de protection des écosystèmes.
À Kamanyola, les cultures de manioc, de maïs et de haricots constituent à la fois la principale source de revenus et la base de l’alimentation locale. Une partie de la production est également écoulée vers les zones périphériques, souvent sous forme d’échanges commerciaux.
Dans ce contexte de dérèglement climatique croissant, le retour des pluies, bien que tardif, reste crucial pour limiter les pertes agricoles et renforcer la résilience des communautés rurales.
