Kenya : Les leaders africains de l’agroécologie appellent à un soutien politique et financier pour la souveraineté alimentaire
L’Atelier africain sur l’agroécologie (AAW 2025) s’est tenu du 11 au 14 février à Sagana, au Kenya, réunissant plus de 100 participants issus de 22 pays africains. Parmi eux, des petits producteurs alimentaires, des organisations de la société civile, des chercheurs et des décideurs politiques ont plaidé pour un renforcement des investissements et du soutien politique en faveur de l’agroécologie.
La République Démocratique du Congo (RDC) était représentée par Josué Aruna, directeur exécutif de l’ONG Congo Basin Conservation Society (CBCS-Network). L’événement, soutenu par Pain pour le Monde, a mis en lumière l’importance d’un changement de paradigme vers des systèmes alimentaires durables, équitables et résilients.
Face aux défis majeurs liés à l’accès limité à la terre, aux ressources et à la reconnaissance politique, les participants ont souligné que l’agroécologie représente une solution viable et durable. En favorisant la biodiversité, la santé des sols et l’autosuffisance, elle s’oppose aux intrants chimiques toxiques, aux OGM et aux monocultures. L’atelier a mis en avant des réussites inspirantes, notamment dans le comté de Muranga, au Kenya, où une politique agroécologique a vu le jour grâce à une collaboration entre autorités locales, agriculteurs et société civile.
Dans un contexte de conflits persistants en Afrique, les participants ont également lancé un appel à la paix et à la solidarité, particulièrement envers les communautés touchées par la violence dans l’Est de la RDC. Ils exhortent les gouvernements à prioriser la protection des populations et la préservation de l’environnement, qui est un pilier essentiel de la souveraineté alimentaire. En parallèle, ils demandent aux États africains d’allouer au moins 50 % des budgets agricoles à l’agroécologie, d’intégrer cette approche dans les programmes scolaires, et de soutenir la recherche participative adaptée aux petits exploitants agricoles.
Les participants ont réaffirmé leur engagement collectif à construire un avenir où l’agroécologie sera au cœur des politiques agricoles africaines. Ils appellent à une transition radicale vers des systèmes alimentaires locaux, autonomes et respectueux de l’environnement, mettant un terme à la dépendance aux importations et à l’agriculture industrielle. À travers des actions concertées entre gouvernements, investisseurs et société civile, l’Afrique a le potentiel de réaliser sa souveraineté alimentaire et de devenir un modèle de résilience agroécologique à l’échelle mondiale.
