Mois vert à Bukavu : début de la campagne de plants d’arbres
La ville de Bukavu s’est réveillée ce dimanche 8 mars 2026 au rythme des bêches, des plants et des messages de sensibilisation. Dans le cadre du “Mois Vert”, une grande opération de plantation d’arbres a été lancée dans plusieurs coins de la ville afin de répondre à l’urgence environnementale qui menace la capitale provinciale du Sud-Kivu.
Aujourd’hui, Bukavu fait face à une pression environnementale croissante. L’urbanisation rapide, combinée à un relief escarpé et à une croissance démographique mal planifiée, fragilise les sols et accentue les risques d’érosion, d’inondations et de pollution. Dans cette ville construite entre collines et ravins, chaque pluie intense rappelle la vulnérabilité des infrastructures et des habitants.
C’est dans ce contexte que le Mois Vert a été lancé comme une réponse collective pour restaurer les espaces verts et encourager des comportements plus responsables vis-à-vis de l’environnement.
Dès 7h30, la mobilisation a démarré dans deux communes stratégiques. Dans la commune d’Ibanda, les volontaires se sont déployés sur l’axe reliant Radio Maendeleo au Monument de la Paix. Pendant ce temps, dans la commune de Kadutu, les activités se sont concentrées sur le site du Lycée Wima, connu localement sous le nom de Yesu Yesu.
Au total, l’initiative prévoit la plantation d’environ 5 000 arbres agroforestiers et ornementaux, un objectif qui vise à restaurer progressivement les espaces dégradés et à renforcer la résilience écologique de la ville.
Pour Thomas Jenatsch, cette campagne n’est pas seulement un symbole environnemental. Elle constitue un effort structuré pour réintroduire la nature dans un espace urbain où les sols, les routes et les ravins subissent une pression constante.
Sur le terrain, la mobilisation est visible. Des jeunes scouts, des membres du Conseil provincial de la jeunesse et plusieurs organisations locales participent activement à la plantation de pelouses et d’espèces ornementales le long des routes. Ces espaces, souvent transformés en dépotoirs ou en parkings informels, sont désormais appelés à devenir des zones vertes protectrices.
Les autorités locales se sont également associées à l’initiative. Le bourgmestre de la commune d’Ibanda, Eugène Mubalama, s’est engagé à renforcer les efforts de lutte contre l’érosion dans sa juridiction. Il a notamment évoqué l’utilisation de haies de Tripsacum pour stabiliser certains versants fragiles, notamment dans la zone d’Elakaté.
Pour garantir la durabilité de l’action, les chefs de quartiers ont été impliqués dans la mobilisation communautaire. Migabo Nyagaza affirme que les habitants seront encouragés à assurer l’entretien des jeunes plants afin de protéger les nouveaux espaces verts.
Pour Adolphe Mugula, l’urgence est réelle. Selon lui, la dégradation de l’environnement urbain atteint un niveau préoccupant et certaines conséquences pourraient devenir irréversibles si rien n’est fait.
C’est pourquoi le consortium des organisations de la société civile de Bukavu s’est mobilisé aux côtés de la Coopération suisse afin de transformer le Mois Vert en un mouvement citoyen durable.
Au-delà de la plantation d’arbres, cette campagne se veut un appel à la responsabilité collective. Car à Bukavu, préserver l’environnement ne relève plus seulement d’une question écologique : c’est devenu un enjeu de sécurité, de santé publique et de survie urbaine.

