Mois vert à Bukavu : des ONG plaident pour une gestion structurée des déchets urbains
La question de l’assainissement urbain refait surface à Bukavu. Réunis à l’hôtel Rivière Ruzizi dans le cadre du programme Mois Vert, 37 organisations actives dans l’évacuation des déchets ont participé à une rencontre organisée par le Bloc des ONG, représenté par Adolphe Mugula.
Les discussions ont porté sur les défis persistants de la gestion des déchets dans une ville confrontée à une urbanisation rapide et à une pression démographique croissante.
Parmi les intervenants, l’ingénieur environnemental Dibene Mungwakonkwa a appelé à des solutions plus structurées pour améliorer l’assainissement de la ville. Il estime que la réussite des actions d’assainissement passe par une meilleure mobilisation communautaire, notamment à travers les chefs d’avenue.
Selon lui, ces leaders locaux doivent être mieux encadrés et bénéficier d’une motivation financière afin de renforcer leur rôle dans la sensibilisation et l’organisation des habitants autour des questions de salubrité.
Les participants ont également souligné l’absence de décharges publiques officielles à Bukavu, une situation qui favorise la prolifération des dépotoirs sauvages dans les ravins, les rues et aux abords du lac Kivu. Pour y remédier, Dibene Mungwakonkwa propose la création d’au moins trois à quatre sites de décharge contrôlés capables de recevoir et de traiter les déchets urbains de manière organisée.
Au niveau des ménages, l’ingénieur recommande la généralisation de l’utilisation de sacs poubelles domestiques afin de limiter la dispersion des déchets dans les quartiers. Il suggère également l’installation de poubelles publiques destinées à recueillir les « déchets orphelins », souvent abandonnés dans les espaces publics.
Les organisations présentes ont par ailleurs évoqué plusieurs défis, notamment la méfiance de certains habitants envers les structures d’assainissement, le manque d’appui de l’État et l’éparpillement fréquent des déchets sur les voies publiques. Pour améliorer la situation, elles proposent une sensibilisation porte-à-porte impliquant les autorités locales dans le cadre de la décentralisation.
Sur le plan financier, certaines estimations ont été avancées. Une poubelle roulante coûterait environ 120 dollars, tandis qu’un programme de sensibilisation et d’aménagement environnemental pourrait nécessiter près de 1 000 dollars par avenue.
Enfin, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des organisations locales à travers des partenariats avec la mairie, les églises, les universités et les écoles.
Ils ont également regretté l’absence d’études scientifiques approfondies sur la gestion des déchets à Bukavu, estimant que de telles recherches seraient essentielles pour orienter efficacement les politiques publiques environnementales.
