Plaine de la RUZIZI : À Kahororo, l’art et la sensibilisation pour mettre fin au conflit entre communautés et hippopotames
Dans les rives paisibles du lac Tanganyika, à Kahororo, les conflits entre l’homme et la faune s’intensifient. Les hippopotames, autrefois perçus comme des symboles de puissance naturelle, sont aujourd’hui menacés, accusés de dévaster les champs des communautés locales. En réponse, certaines familles ont installé des fils barbelés pour les piéger et les tuer.
Face à cette crise écologique et sociale, Mkaaji Mupya, une structure engagée dans la promotion de la cohabitation pacifique entre communautés et biodiversité, a lancé une série d’initiatives novatrices pour inverser la terre.

Sous la coordination du consultant chez Mkaaji mupya Janvier BARHAHIGA, Mkaaji Mupya a organisé à Nyangara à l frontière Burundi congolaise, en février 2025 des sessions de formation à destination des associations villageoises de crédit (AVEC), des clubs d’action environnementale et des groupes d’agriculteurs pratiquant l’agriculture durable.
L’objectif ,renforcer les capacités locales pour protéger les hippopotames tout en préservant les moyens de subsistance des habitants. L’approche prône l’identification et la signalisation des zones de fréquentation des hippopotames, afin d’éviter les conflits directs, mais aussi la mise en place de stratégies non létales de dissuasion.
Dans le cadre du programme, un volet artistique a été introduit à Kahororo. Les communautés apprennent à fabriquer des œuvres d’art utilitaires à base d’argile et d’autres matériaux locaux, notamment des tasses, des objets décoratifs et symboliques inspirés de la faune locale.
« C’est une forme de thérapie communautaire, mais aussi un acte de résistance pacifique et créatif face à la destruction. L’hippopotame devient source d’inspiration, non d’extermination », explique Janvier BARHAHIGA.
Mkaaji Mupya entend faire de ces actions des piliers d’une politique de protection environnementale intégrée, impliquant les autorités locales, les ONG partenaires et les riverains. Le projet vise à réduire les actes de violence envers la faune tout en créant des alternatives économiques durables.
Alors que les tensions persistent dans certaines zones riveraines, l’expérience de Kahororo démontre qu’il est possible d’agir autrement pour prévenir les conflits homme-faune. L’éducation, l’art, la signalisation des zones sensibles et l’implication communautaire apparaissent comme des voies prometteuses vers une cohabitation respectueuse et équilibrée.
