RDC : « Aucune stratégie climatique ne peut réussir dans un contexte de guerre », insiste l’OP CAVE
Feu de brousse dans une partie des champs à Walungu ©photos tierce.
Dans l’Est de la République Démocratique du Congo, les armes ne font pas que faucher des vies deuis février 2025.

Elles brûlent aussi les forêts, polluent les rivières et compromettent l’avenir écologique d’un pays au cœur du poumon vert de la planète alerte la Coopérative Agro Vert Environnement (CAVE), engagée dans la promotion de l’agriculture durable et la protection de la biodiversité dans un message adresse aux Nations Unies dont une copie est arrivée à la rédaction de www.bkinfos.net
« Chaque coup de feu résonne aussi comme un coup porté à la Terre », alerte la direction de la CAVE dans un message de plaidoyer adressé aux Nations Unies, à l’Union Européenne, à l’Union Africaine et au Programme des Nations Unies pour l’Environnement. « Là où les armes parlent, les politiques environnementales se taisent. »
Dans les zones en conflit, notamment au Nord et au Sud-Kivu, les groupes armés exploitent les ressources naturelles de manière anarchique pour assurer leur survie. Les forêts sont rasées pour produire du charbon ou ouvrir des champs temporaires, les barrages et systèmes d’irrigation sont détruits, et le braconnage s’intensifie dans des réserves autrefois protégées.
« La déforestation massive réduit la capacité de nos écosystèmes à absorber le carbone. Nous assistons à une catastrophe écologique qui s’ajoute à la crise humanitaire », déplore un membre de la CAVE.
Les opérations militaires, quant à elles, consomment d’importantes quantités de carburants fossiles, libérant dans l’atmosphère des gaz à effet de serre non contrôlés. Dans ce chaos, aucune instance de gouvernance environnementale ne subsiste. Les politiques climatiques sont suspendues, les projets de reboisement abandonnés, les communautés locales laissées à elles-mêmes.
Cette réalité crée, selon la CAVE, un cercle vicieux qu’il faut briser d’urgence.
Les populations déplacées, privées de tout, coupent les arbres pour se chauffer et cuisiner, accélérant encore la destruction des forêts. Les sols s’appauvrissent, les rivières s’assèchent, les pluies deviennent imprévisibles.
« La guerre ne détruit pas seulement les hommes, elle détruit aussi les conditions de leur survie », souligne la direction de la coopérative.
Pour la CAVE, la solution est claire, la paix est la première condition de la justice climatique.
« Aucune stratégie climatique ne peut réussir dans un contexte de guerre », insiste l’organisation. « La paix, c’est aussi la protection de l’environnement, c’est la respiration même de la planète. »
L’organisation appelle les institutions internationales à reconnaître l’impact écologique des conflits armés et à inclure cette dimension dans les processus de paix.
Elle invite également les bailleurs de fonds à soutenir les initiatives locales de restauration des écosystèmes détruits et à financer des programmes de résilience écologique dans les zones post-conflit.
« La guerre détruit en quelques mois ce que la nature met des siècles à construire », conclut la CAVE. « En République Démocratique du Congo, comme ailleurs, il n’y aura pas de climat stable sans paix durable. »
Ce message de la Coopérative Agro Vert Environnement dépasse les frontières congolaises. Il rappelle à la communauté mondiale que la paix n’est pas seulement un droit humain fondamental : c’est une urgence climatique.
