RDC : Face aux naufrages à répétition, l’UNSS propose un plan national pour sauver des vies
Deux naufrages meurtriers survenus en septembre sur le fleuve Congo, dans la province de l’Équateur, ont encore une fois endeuillé la République Démocratique du Congo.
Plus de deux cents vies ont été fauchées en quelques jours, allongeant la liste déjà trop longue des catastrophes fluviales et lacustres dans le pays. Pourtant, ces drames évitables trouvent progressivement des réponses grâce à des initiatives locales qui méritent d’être soutenues et amplifiées.
Depuis janvier 2025, plus de mille personnes ont perdu la vie par noyade selon l’Unité Nationale de Surveillance et de Sauvetage (UNSS). Le manque d’un cadre légal, l’insuffisance d’équipements de sécurité, l’absence de formation en natation et la surcharge des embarcations figurent parmi les principales causes de ces tragédies.
Face à ce constat, l’UNSS plaide pour la mise en place d’un Plan National de Prévention de la Noyade. Ce plan devrait privilégier la formation des équipages et des passagers aux règles de sécurité, l’instauration d’une réglementation stricte de la navigation fluviale et lacustre, l’obligation de disposer de gilets de sauvetage à bord de toutes les embarcations, la création de brigades de secours et d’alerte rapide, ainsi que la sensibilisation communautaire dans les zones riveraines.
Créée en 2022, l’UNSS s’est donné pour mission de réduire les noyades à travers la mise en place de centres de formation en natation et la constitution d’équipes de sauveteurs volontaires. Dans plusieurs localités riveraines du fleuve Congo et du lac Kivu, des jeunes formés par l’UNSS commencent déjà à encadrer les passagers et à intervenir en cas d’accident.
Alex Kalwira, coordonnateur national de l’UNSS, insiste :
« Chaque décès par noyade est évitable si la prévention est organisée. Nos équipes sont prêtes à agir, mais il faut que l’État et les partenaires nous accompagnent pour donner à ce pays un dispositif de sauvetage digne de son immense réseau hydrographique. »
L’exemple de l’UNSS démontre qu’une solution locale est possible. Mais pour qu’elle ait un impact à grande échelle, il faut un véritable partenariat avec l’État et les bailleurs. Les autorités provinciales et nationales sont donc appelées à investir dans la sécurité aquatique, non seulement pour sauver des vies, mais aussi pour restaurer la confiance dans le transport fluvial et lacustre.
La répétition des naufrages en septembre est un signal d’alarme. Mais si des solutions comme celles portées par l’UNSS sont soutenues, la RDC peut transformer ce défi en une opportunité et devenir un modèle africain de prévention de risques.
