RDC : inquiétude au camp de Lusenda après la destruction d’espaces dédiés à la protection des enfants
Les réfugiés burundais du camp de Lusenda tirent la sonnette d’alarme.
Depuis le début du mois d’octobre, plusieurs espaces communautaires pour la protection de l’enfance, appelés crèches ou espaces amis d’enfants, sont la cible de destructions systématiques menées par des membres du comité directeur du camp, avec la complicité présumée de surveillants communautaires “sungusungu” et de certains membres du réseau communautaire de protection de l’enfance (RECOPE).
Ces structures, construites par les organisations partenaires du HCR, jouent un rôle central dans la protection et le développement des enfants réfugiés.
Elles offrent un cadre sûr pour des activités récréatives, éducatives et psychosociales favorisant la créativité, l’éveil et la résilience des enfants exposés aux traumatismes de l’exil.
« Au site de Lulinda, un espace a été détruit par certains membres du comité directeur, les sungusungu et des membres du RECOPE. Nous ignorons les raisons et qui leur donne l’ordre. Aujourd’hui, c’est le tour du site Katungulu 2 : le même groupe a démoli un autre espace, emportant tôles, planches et matériel », témoigne un réfugié burundais sous couvert d’anonymat.
Selon plusieurs habitants, deux espaces amis d’enfants ont déjà été rasés en moins d’un mois, privant des centaines d’enfants de leur lieu d’apprentissage et de socialisation.
Les parents bénéficiaires dénoncent une situation préoccupante et appellent la Commission nationale pour les réfugiés (CNR), le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et ses partenaires à agir rapidement pour mettre fin à ces actes et sanctionner leurs auteurs.
« Nous demandons à la CNR, au HCR et aux ONG partenaires de nous dire si notre camp arrive à terme, car la destruction des espaces communautaires nous inquiète profondément », ajoute un autre parent.
Créé en 2015, le camp de Lusenda, situé dans le territoire de Fizi au Sud-Kivu, s’étend sur plus de 220 hectares. Il est divisé en cinq sites regroupant une cinquantaine de villages et abrite actuellement près de 25 000 réfugiés burundais, dont la majorité sont des femmes et des enfants.
Cette vague de destructions fragilise davantage une population déjà vulnérable et interroge sur la protection effective des droits de l’enfant en contexte humanitaire.
Par Marie Charles NININAHAZWE
