RDC : le ministère des Mines signe un second contrat de 297 millions USD avec une entreprise américaine
Attendue depuis plusieurs mois, la signature du second contrat entre le ministère des Mines de la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe espagnol Xcalibur a été officialisée le 29 janvier 2026 à Kinshasa. L’accord porte sur la phase B du programme national de cartographie géophysique aéroportée et géologique du territoire. Le document a été paraphé par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, et le directeur général de Xcalibur, Andres Blanco Grasa.
Cette signature intervient après des allégations d’irrégularités ayant suscité des débats au sein de l’opinion publique. En décembre dernier, le ministère des Mines avait toutefois tenu à préciser qu’il ne s’agissait pas d’une attribution discrétionnaire, mais de la continuité d’un programme initial lancé en 2017. Selon la tutelle, le recours au même prestataire se justifie par le fait que la phase B repose directement sur les résultats de la phase A. Le choix d’un nouveau contrat, plutôt qu’un avenant, aurait été opéré afin de se conformer à la loi sur les marchés publics, avec l’avis de non-objection de la Direction générale du contrôle des marchés publics (DGCMP).
Le programme global est structuré en deux volets. La phase A, dite prioritaire, dont le coût est estimé à 60,9 millions de dollars américains, a couvert principalement les blocs du Kasaï, de l’Équateur et du Katanga. Elle comprenait notamment des levés géophysiques aéroportés, des analyses satellitaires, une première cartographie géologique et la mise en place d’un système d’information géologique (SIG). Selon le ministre des Mines, cette phase est aujourd’hui achevée et a permis la collecte de données de base sur les formations géologiques du pays.
La phase B, évaluée à près de 297,8 millions de dollars, prévoit une densification des levés sur les zones identifiées comme prometteuses, des investigations plus fines des anomalies détectées, ainsi qu’une couverture géophysique du reste du territoire national, y compris la cuvette centrale. Le programme inclut également le renforcement des capacités nationales et la construction d’un laboratoire d’analyses géologiques.
Présentée comme un levier pour relancer l’exploration minière en RDC largement fondée sur des données héritées de l’époque coloniale cette initiative soulève un enjeu majeur : celui du suivi rigoureux de l’exécution et de la valorisation effective des données produites, d’autant plus que Xcalibur ne dispose d’aucune filiale en RDC.
Avec Bancable Africa
