RDC : Les élèves enceintes ne seront plus exclues de l’école
Une circulaire du Secrétariat général à l’Éducation nationale marque un tournant important dans la politique éducative en RDC. Désormais, les élèves enceintes ne pourront plus être exclues des établissements scolaires, y compris les plus stricts comme le Collège Alfajiri, l’Athénée d’Ibanda, les écoles Bwindi ou kimbanguistes….
Conformément à cette directive, une grossesse ne constitue plus un motif de renvoi scolaire ecrit-on dans la note circulaire notifiants les chefs d’etablissement signé à Kinshasa le 14 juillet 2025. Les élèves concernées ont le droit de continuer les cours si elles en ont la capacité, ou d’interrompre momentanément leur scolarité pour reprendre après l’accouchement.
« Éduquer une femme, c’est investir pour la nation », rappelle la circulaire, tout en interdisant formellement toute sanction ou discrimination à l’encontre des jeunes filles enceintes.

Toutefois, chaque établissement conservant son règlement disciplinaire, les éducateurs sont appelés à faire preuve de discernement. Pour l’abbé Jean Bosco Bahala, ancien coordonnateur du P-DDRC, « un arrêt momentané de l’année scolaire semble être la solution la plus humaine, afin d’éviter à l’élève et à son bébé le stress permanent et les mauqueries du milieu scolaire ».
Cette décision intervient dans un contexte plus large de réflexion sur l’accès équitable à l’éducation. Une étude conjointe de l’UNICEF et de l’EPST révèle que près de 20 % des filles manquent l’école pendant leurs règles, faute de conditions adaptées. Dans le même temps, le ministre Tony Mwaba a dénoncé l’existence de plus de 2 000 écoles privées non conformes, dont 1 000 sans autorisation et 600 fonctionnant avec de faux arrêtés.
