Sud-Kivu : à Burhale, la société civile appelle à une prise en charge psychologique des déplacés
La société civile du groupement de Burhale, dans le territoire de Walungu, au Sud-Kivu, interpelle les organisations humanitaires sur l’urgence d’intégrer la santé mentale dans leurs interventions. Au-delà de l’aide alimentaire, médicale et en abris, elle réclame une assistance psychologique structurée en faveur des déplacés de guerre et des familles d’accueil.
Selon les acteurs locaux, l’arrivée massive de ménages ayant fui les violences a profondément affecté l’équilibre social de plusieurs villages. « De nombreux cas de troubles mentaux liés aux traumatismes vécus sont signalés », alerte la société civile, évoquant des situations récurrentes d’anxiété, de détresse psychologique et de stress prolongé.
Les centres de santé de la zone, déjà confrontés à un manque de médicaments et de personnel qualifié, ne disposent d’aucun service spécialisé en santé mentale. Faute d’accompagnement approprié, certains patients se tournent vers des chambres de prière ou des tradipraticiens.
D’après OCHA, plus de 105 000 déplacés de guerre dans le territoire de Walungu manquent actuellement de nourriture, d’abris, de soins de santé et de protection. Une pression humanitaire qui pèse également sur des familles d’accueil elles-mêmes en situation de grande vulnérabilité.
Pour les leaders communautaires, l’absence de soutien psychosocial risque d’exacerber les tensions sociales dans un contexte marqué par la promiscuité et l’insécurité. Ils plaident pour une réponse intégrée combinant assistance matérielle et prise en charge psychologique afin de renforcer la résilience des communautés affectées.
