Sud-kivu : Le « Club Maisha »,un espace sauveur des jeunes face aux sujets tabous
Par Joëlle Kujirabwinja
Depuis 2019, le projet « Club Maisha » d’Uwezo Africa Initiatives s’impose comme un cadre novateur pour l’éducation et la sensibilisation des jeunes sur des sujets souvent considérés comme tabous. Dans six écoles de la ville de Bukavu (deux par commune) et quatre dans le territoire de Kabare, le projet rassemble 40 adolescents dans un environnement sécurisé où ils peuvent échanger et s’informer sur des questions cruciales liées à leur bien-être et leur avenir.
Le « Club Maisha » se concentre sur des problématiques telles que les grossesses et mariages précoces, les menstruations, les avortements clandestins et les violences basées sur le genre. L’objectif est d’apporter des informations fiables et adaptées pour combler le vide laissé par les fausses croyances et le manque de sensibilisation. Les jeunes participants deviennent ainsi des ambassadeurs capables de véhiculer ces messages dans leurs familles et communautés.
Marie-Thérèse Chito, chargée du projet santé sexuelle et reproductive chez Uwezo Africa Initiatives, témoigne de l’impact palpable des actions menées. « Un préfet des études nous a confié qu’il enregistrait généralement entre cinq et six cas de grossesses chaque année dans son école. Cette année, grâce au Club Maisha, il a noté une baisse significative. Cela montre que nos interventions portent leurs fruits », a-t-elle déclaré lors d’un entretien avec BKInfos.net.
Au-delà de la sensibilisation, le projet vise à outiller les adolescents pour qu’ils deviennent des acteurs de changement.
« Beaucoup de jeunes sont perdus à cause de fausses informations sur ces sujets sensibles. Nos thématiques permettent non seulement de les éclairer, mais aussi de sauver certains d’entre eux. Avec le Club Maisha, nous leur donnons les moyens de comprendre, de se protéger et d’éduquer les autres », explique-t-elle.
Bien que le « Club Maisha » ait prouvé son efficacité, ses ambitions sont limitées par le manque de ressources.
« Nous aimerions étendre cette initiative à d’autres écoles de la province afin de toucher davantage de jeunes et de continuer à lutter contre les problématiques liées à la santé sexuelle et reproductive. Cela nécessite un soutien financier accru », plaide Marie-Thérèse Chito.
La lutte contre les grossesses précoces, les mariages précoces et les violences basées sur le genre exige une mobilisation collective. En créant des espaces de dialogue pour les adolescents, le « Club Maisha » offre une alternative précieuse pour protéger les jeunes et les préparer à jouer un rôle actif dans leurs communautés.
Alors que les défis restent nombreux, le projet illustre le potentiel d’une approche éducative et participative pour bâtir une société où les jeunes disposent des outils nécessaires pour tracer un avenir meilleur. Le succès de cette initiative est un appel à tous les acteurs – institutions publiques, organisations non gouvernementales, parents et communautés – à unir leurs forces pour garantir un impact durable.
