Sud-Kivu : Les acteurs de la société civile réfléchissent les mécanismes de la réconciliation pour une paix durable
Dans une province marquée par des décennies de violences armées et de souffrances humaines, des victimes, des organisations de la société civile et d’autres acteurs engagés pour la paix se sont réunis à Bukavu afin de réfléchir ensemble aux chemins possibles vers une réconciliation durable au Sud-Kivu.
Le Forum d’échanges sur les processus de réconciliation et de paix, tenu à l’hôtel Bach Palace, a offert un espace d’écoute et de dialogue inclusif, permettant aux participant(e)s de partager leurs expériences, leurs attentes et leurs propositions. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique nouvelle, portée par l’Accord-cadre de Doha du 15 novembre 2025 entre le Gouvernement congolais et le M23, qui ouvre des perspectives pour une paix fondée sur la vérité et la reconnaissance des souffrances vécues.
Au cœur des discussions figurait la proposition de création d’une Commission provinciale Vérité et Réconciliation au Sud-Kivu, inspirée de l’expérience du Kasaï Central. Pour de nombreux participant(e)s, un tel mécanisme pourrait contribuer à restaurer les liens sociaux fragilisés, en offrant aux victimes un cadre sûr pour être entendues et reconnues, tout en favorisant la compréhension mutuelle entre les communautés.
Pour Didier Kigonya, Coordonnateur du (RACOJ), la paix durable passe nécessairement par l’implication des populations locales :
« La réconciliation commence lorsque les victimes peuvent parler, être écoutées et reconnues. L’Accord de Doha crée une opportunité importante, mais c’est au niveau local que la paix doit prendre racine. Une commission provinciale vérité et réconciliation peut devenir un espace de guérison et de reconstruction collective », a-t-il expliqué.
Les échanges ont également mis en lumière l’importance d’intégrer une approche transformatrice du genre dans les initiatives de paix et de réconciliation. Les participant(e)s ont souligné que les femmes et les filles, souvent les plus touchées par les conflits, jouent aussi un rôle central dans la reconstruction du tissu social et la prévention des violences futures.
Environ 30 participant(e)s, issus principalement des organisations de la société civile, des groupes de victimes et d’autres parties prenantes provinciales, ont pris part à ces travaux. Plusieurs d’entre eux avaient déjà participé à un forum similaire organisé à Bukavu en novembre 2024, permettant de poursuivre un dialogue engagé dans la durée.
À l’issue du Forum, un espoir partagé s’est dégagé : celui de voir émerger, au Sud-Kivu, des mécanismes de réconciliation enracinés dans les réalités locales, portés par les victimes elles-mêmes et alignés sur l’esprit de l’Accord de Doha, afin de jeter les bases d’une paix juste et durable.
