Sud-Kivu : Les femmes rurales se mobilisent pour la justice climatique et l’innovation écologique(Restitution)
Dans les zones rurales du Sud-Kivu, les femmes ne sont plus de simples victimes du changement climatique, elles deviennent actrices de solutions locales, à travers des actions concrètes portées par le Club ZAIDA CATALÁN, alliant paix, genre et environnement.
Lors d’une restitution participative tenue à Bukavu ce 4 Août 2025, les résultats de l’étude « Voix des femmes pour la justice climatique » ont été dévoilés aux partenaires techniques, aux acteurs environnementaux et à la presse.
Une étude co-construite avec les femmes rurales elles-mêmes, menée dans les champs communautaires de Kalehe, Kabare et la ville de Bukavu, avec le soutien du Global Fund for Women et du International Women’s Peace Center.
« Nous avions formé 60 femmes dans l’utilisation de déchets de leur champs sans engrais chimiques. », confie la chargé de programme du club ZAIDA CATALAN Judith MAROY .
L’étude révèle que malgré leur rôle central dans l’agriculture et la gestion des ressources, les femmes restent largement ignorées dans les politiques climatiques. Plusieurs obstacles freinent leur participation, le contexte de guerre et d’insécurité ; le manque d’espace d’expression publique ;les barrières linguistiques ; la résistance des autorités coutumières, religieuses et politiques à reconnaître les efforts féminins ; l’invisibilité des femmes commerçantes et rurales dans les mécanismes de financement climatique.
Pourtant, ces femmes développent déjà des initiatives concrètes, comme le reboisement, la gestion de l’eau, les cultures vivrières adaptées, et la sensibilisation communautaire.
Parmi les initiatives phares présentées lors de la restitution, figure une formation innovante sur la fabrication de briquettes écologiques. Réalisée pendant la récolte du maïs dans les champs communautaires, cette formation a permis aux femmes de transformer les déchets agricoles (tiges, feuilles) et les résidus de production de boissons locales en une source d’énergie durable.
« Grâce à ces briquettes, nous n’avons plus besoin d’aller chercher du bois dans la forêt. C’est une solution pour l’environnement et pour notre économie », témoigne une participante.
Au-delà de la technique, cette activité a renforcé la cohésion sociale, l’intégration intercommunautaire et la justice climatique locale.
Les participantes ont lancé un appel clair aux partenaires et aux autorités : il faut maintenant soutenir ces initiatives par la fourniture de machines adaptées, pour permettre une production plus importante et professionnelle des briquettes.
Les issu de cette restitution, à la fois diagnostic et plaidoyer, servira désormais de référence aux partenaires techniques et financiers, pour intégrer les femmes rurales dans les stratégies climatiques nationales et locales.
