Sud-Kivu : près de 1,5 million de déplacés internes et une crise humanitaire qui s’aggrave
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires en RDC (OCHA) a publié son rapport mensuel couvrant la période du 1er au 31 janvier 2026, dressant un tableau préoccupant de la situation sécuritaire et humanitaire au Sud-Kivu.
Selon ce document élaboré en collaboration avec les partenaires humanitaires, les affrontements armés se sont intensifiés dans les territoires d’Uvira, Fizi, Kabare et Mwenga. Cette détérioration du contexte sécuritaire continue d’alimenter des déplacements massifs de populations et de fragiliser l’accès aux services essentiels.
Au 31 janvier 2026, la province compte 1,51 million de personnes déplacées internes, tandis que 885 000 personnes retournées sont recensées, d’après les données du Comité provincial de mouvement de population (CMP). Par ailleurs, 2,97 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë (phase IPC 3 et plus) pour la période janvier-juin 2026.
Dans le territoire et la ville d’Uvira, plus de 50 000 personnes ont été nouvellement déplacées en janvier à la suite des affrontements signalés notamment à Kigongo, Katongo et Lemera. Des actes de pillage visant des biens civils et publics ont également été documentés à partir du 18 janvier dans la ville d’Uvira. Au moins sept organisations humanitaires ont été affectées, compliquant davantage l’accès à l’assistance.
Des évaluations menées par l’ONG NRC dans la zone de santé de Lemera ont confirmé la présence de plus de 33 000 déplacés vivant majoritairement dans des familles d’accueil ou dans des centres collectifs, y compris des écoles. Dans ce contexte, au moins 688 000 élèves sont privés d’accès à l’éducation à travers la province, accentuant l’impact à long terme de la crise.
