Vendredi saint à Bukavu : “Ne soyez pas des chrétiens qui se réjouissent de la souffrance des autres” selon Mgr Maroy Rusengo
Lors de la messe du Vendredi Saint célébrée ce 18 avril à la cathédrale Notre-Dame de la Paix, Mgr François-Xavier Maroy Rusengo, archevêque métropolitain de Bukavu, a livré une homélie marquée par un appel profond à la compassion, à la justice et à l’humilité, dans un contexte social tendu dans la ville.
Devant une foule nombreuse venue commémorer la Passion du Christ, l’archevêque a déploré le comportement de certains chrétiens qui, selon lui, “se réjouissent de la souffrance des autres”. Il a dénoncé avec fermeté les fabricants et les vendeurs d’armes, qu’il considère comme “les premiers acteurs du malheur du monde”.
Sur la question brûlante de la justice populaire, phénomène récurrent dans certains quartiers de Bukavu, Mgr Maroy a exhorté les fidèles à ne pas céder à la violence :
> “Au lieu de brûler un présumé sorcier, amenez-le à un curé pour lui prodiguer des conseils. Si tu tues un être humain sans justice, tu es plus sorcier que lui.”
L’archevêque a également relayé l’appel du pape François, invitant les chrétiens à devenir “des pèlerins de l’espérance” dans un monde troublé. Il a souligné l’importance de l’humilité et du silence, en prenant exemple sur la Vierge Marie, mère de Jésus, qui a suivi son fils dans la souffrance sans jamais se détourner.
S’attaquant aux rumeurs populaires affirmant que Marie aurait eu d’autres enfants, Mgr Maroy a clarifié la position de l’Église :
“Marie n’a mis au monde que Jésus. Si elle avait eu d’autres enfants, l’un d’eux aurait été au pied de la croix. Mais Jésus a confié sa mère à Jean. Cela montre qu’elle n’avait pas d’autre enfant.”
Cette homélie du Vendredi Saint a été saluée par de nombreux fidèles comme un message de vérité, d’unité et d’espérance dans une société congolaise parfois tiraillée entre foi et violence populaire.
Rédaction : BKINFOS.NET | Bukavu
