Bukavu : l’art et la voix des jeunes au service de la justice climatique
Des chansons engagées, des slams percutants, des tableaux qui parlent… Ce samedi à Bukavu le samedi 28 juin 2025 , les jeunes n’ont pas utilisé que des mots pour se faire entendre. Lors d’un dialogue artistique citoyen, ils ont uni leurs talents pour parler d’un sujet brûlant, la justice financière climatique.
Organisée par le Réseau des organisations des jeunes engagés dans le changement climatique, en collaboration avec Climate Clock et BK INFOS ASBL, cette rencontre a réuni jeunes artistes, activistes climatiques et filles leaders dans une ambiance à la fois créative et militante.
« On parle souvent de nous sans nous. Aujourd’hui, nous avons décidé de prendre la parole nous-mêmes, avec nos mots, nos couleurs, nos douleurs, mais aussi nos solutions. » a confié une jeune artiste en clôturant son slam.
Des défis qui freinent l’engagement des jeunes,dans les différents échanges, les jeunes ont partagé leurs frustrations, mais aussi leurs espoirs. Ce qui revient souvent, pas assez de financements pour les projets portés par les jeunes, et trop de compétition entre eux au lieu d’unité,une gouvernance parfois opaque, avec des cas de corruption et de détournement des fonds climatiques, beaucoup d’initiatives de jeunes ignorées ou invisibles, faute de reconnaissance ou d’accompagnement, la barrière de la langue anglaise, souvent indispensable dans les processus internationaux, et surtout, le manque d’accès à l’information, peu savent comment, où, et auprès de qui chercher des appuis.
Malgré les obstacles, les jeunes ont aussi réfléchi aux voies possibles de changement, Créer des synergies entre les associations de jeunes plutôt que travailler chacun dans son coin., promouvoir une gouvernance transparente, où les fonds sont gérés de manière juste,mieux informer et former les jeunes pour qu’ils comprennent leurs droits climatiques,et surtout, sensibiliser plus largement les communautés à l’impact du changement climatique sur leur quotidien.
« Un message fort a été adressé aux pays riches, souvent responsables historiques des émissions de gaz à effet de serre respectez vos engagements financiers, pris dans le cadre de l’Accord de Paris. Soyez clairs, dites s’il s’agit de dons, de prêts ou de réparations. Trop souvent, les pays du Sud se retrouvent avec des dettes au nom de l’aide climatique. » à mentionné LADISLAS WITANENE organisateur de l’action
Arrêtez de conditionner excessivement l’aide, surtout envers les pays déjà vulnérables,facilitez l’accès direct aux financements pour les organisations locales, qui connaissent mieux le terrain.
Les jeunes n’ont pas uniquement pointé du doigt l’extérieur. Ils ont aussi interpellé leurs propres dirigeants,faire preuve de transparence dans la gestion des fonds climatiques,inclure les jeunes dans les plans d’action et les décisions,valoriser les idées locales et les talents existants.
« On ne veut pas juste être écoutés aujourd’hui. On veut que ça change demain. » a insisté une fille leader à la fin de la journée.
Les jeunes participants se sont engagés à continuer le plaidoyer, la mobilisation, et à utiliser leurs arts comme armes pacifiques pour éveiller les consciences.
Ce samedi à Bukavu, l’art s’est mêlé à la lutte. Et les jeunes ont montré qu’ils ne veulent plus être à la marge de l’histoire climatique. Ils veulent en écrire le futur.
