Bukavu : les jeunes appellent à la cohésion sociale face aux tensions régionales et communautaires
Dans un contexte marqué par la recrudescence des tensions sécuritaires dans l’Est de la RDC, les jeunes de la ville de Bukavu, réunis au sein du Cadre de Concertation Provincial de la Société Civile (CCPSC-SK), ont lancé un vibrant appel à l’unité et à la cohésion sociale. Leur déclaration, signée par le président urbain Junior Kamwele, exprime la volonté d’une jeunesse consciente de son rôle dans la reconstruction du vivre-ensemble au Sud-Kivu.
Réunis autour des représentants de différentes plateformes citoyennes et mouvements sociaux, les jeunes ont analysé les enjeux actuels liés à la percée du mouvement armé M23 et aux nouvelles formes d’insécurité qui fragilisent la paix dans la région.
Pour eux, ces crises ne sont pas seulement militaires : elles sont aussi le reflet d’un déficit de confiance et de transparence entre acteurs politiques, économiques et sociaux.
Dans leur déclaration, ils dénoncent notamment :
Le manque de volonté politique dans l’application des accords de cessez-le-feu et des engagements de paix pris à Doha en juillet 2025 ;
L’absence de transparence autour du « deal RDC–USA » sur l’exploitation minière, perçu comme un facteur d’instabilité ;
Les restrictions de mouvement imposées aux citoyens et l’appauvrissement croissant des familles congolaises dans les provinces du Kivu ;
La montée des divisions communautaires, parfois alimentées jusque dans les rangs des forces de sécurité ;
Et la politisation des affaires militaires et humanitaires, illustrée par les tensions autour de la situation à Uvira.
“Nous refusons que Bukavu devienne un terrain d’affrontement idéologique ou ethnique. Notre ville doit rester un symbole d’unité, de dialogue et de résilience”, a déclaré Junior Kamwele, président urbain des jeunes du cadre de concertation.
Les jeunes appellent les autorités provinciales, les leaders communautaires et les partenaires internationaux à replacer la cohésion sociale au cœur des priorités. Ils demandent aussi que la société civile joue un rôle de médiation actif pour apaiser les tensions entre communautés et reconstruire la confiance autour de la paix.
Pour ces acteurs, la stabilité du Sud-Kivu ne viendra pas uniquement des armes ou des accords diplomatiques, mais surtout du renforcement du lien social — cette fibre invisible qui unit les citoyens dans la solidarité, la justice et la dignité.
“C’est dans la paix locale que naît la sécurité nationale”, conclut la déclaration, rappelant que chaque jeune de Bukavu est appelé à être un artisan de réconciliation plutôt qu’un spectateur du conflit.
