Bukavu : quand les élèves de Kadutu s’engagent pour sauver leur environnement
Sous un soleil hésitant de saison sèche, la cour du Centre Scolaire Horizon bourdonne d’excitation ce 25 octobre 2025. Des élèves en uniforme, des enseignants et quelques parents se pressent autour d’un jeune manguier fraîchement planté. Sur une pancarte, on peut lire : « Watoto kwa Mazingira.Les enfants pour l’environnement ».
C’est le symbole d’un nouveau départ. Ce samedi, la Ligue de Protection des Droits de l’Enfant (LPDE Asbl) a officiellement lancé son projet environnemental dans la commune de Kadutu. Objectif : faire des écoliers de Bukavu des acteurs du changement écologique.
« Nous voulons que les enfants deviennent des gardiens de la nature, pas seulement des spectateurs de la dégradation », explique calmement une responsable de la LPDE, tandis que des élèves arrosent les jeunes plants autour d’elle.
Le projet, à la fois pédagogique et pratique, s’attaque aux grands défis environnementaux de la ville : la déforestation, l’érosion et la mauvaise gestion des déchets. Pendant plusieurs mois, les élèves du CS Horizon suivront une formation mêlant théorie, ateliers de terrain et actions communautaires : plantation d’arbres, tri, recyclage et campagnes de sensibilisation dans leur quartier.
Mais ce lancement n’était pas qu’un discours. Le moment le plus fort de la journée fut la naissance d’un Club Vert, créé et dirigé par les élèves eux-mêmes. Ces jeunes éco-ambassadeurs se sont engagés à bannir le plastique de leur école et à promouvoir des pratiques écologiques à la maison comme dans la rue.
« On va montrer qu’à Kadutu aussi, les jeunes peuvent faire la différence », lance fièrement Grâce, élève de sixième secondaire, un arrosoir à la main.
Pour la LPDE Asbl, cette initiative marque une étape décisive ,semer, au propre comme au figuré, les graines d’une conscience écologique durable. L’organisation espère que ces jeunes deviendront, demain, des leaders du développement responsable dans leurs communautés.
Et à voir l’enthousiasme des élèves autour de leur manguier, on se dit qu’à Bukavu, la révolution verte a peut-être déjà commencé.
