Morts de 14 personnes dans l’incendie à Bukavu : Témoignage chocs de voisins des victimes
L’avenue Maendeleo, dans le quartier Mosala, commune de Kadutu, s’est transformée en champ de cendres cette nuit. Un incendie d’une violence extrême a coûté la vie à 14 personnes, dont deux meryes de famille et enfants, calcinés dans leurs maisons en planche. Le drame s’est produit vers 23 heures fu 24 au 25 octobre 2025, alors que les habitants dormaient profondément.
Selon Patrick Lubala, chef du quartier Mosala, le feu a débuté dans les escaliers avant de grimper vers les murs et la charpente, atteignant rapidement deux maisons situées à l’étage. C’est là que Christine, Gisèle,deux mères de famille, se trouvaient avec leurs enfants endormis.
« Elles ont été surprises dans leur sommeil. Le feu était trop fort, elles n’ont pas pu sortir. Six personnes se sont entassées au même endroit avant de mourir ensemble », rapporte une voisine, les larmes aux yeux.
Les volontaires du mouvement Xavéri de Kadutu, appuyés par la Croix-Rouge, ont récupéré à l’aube quatorze corps sans vie, totalement calcinés. Selon plusieurs témoins, certains corps étaient méconnaissables.
« On a vu des corps sans mains ni jambes, et une femme enceinte dont l’enfant était visible dans le ventre », témoigne une autre habitante, encore sous le choc.
L’un des maris des victimes est arrivé ce matin même de Lomera, apprenant la mort de toute sa famille. Deux blessés graves, dont une fillette atteinte à la tête, ont été transférés à l’hôpital général de Bukavu.
Des maisons en planche, un piège sans issue
Le feu a ravagé huit maisons, tandis que quatre autres ont été détruites volontairement pour éviter la propagation des flammes. Les habitants, désespérés, dénoncent l’absence d’un service anti-incendie efficace et des voies d’accès bloquées par une urbanisation anarchique.
« Nous avons perdu nos voisins, mais pas nos biens », confie un rescapé. « Les militaires du M23, cantonnés non loin, n’ont pas bougé. Personne ne pouvait atteindre les flammes. »
Une tragédie révélatrice d’une insécurité urbaine chronique
Les premières hypothèses évoquent un court-circuit électrique, mais les causes profondes sont structurelles :
Matériaux inflammables utilisés dans les constructions ;Absence de routes d’évacuation et d’accès pour les secours ; Pauvreté énergétique obligeant les ménages à recourir à des installations dangereuses ;Inexistence d’un dispositif de prévention incendie dans les quartiers populaires.
Un drame de plus dans le silence des autorités
Ce nouvel incendie s’ajoute à une série de sinistres meurtriers dans la ville de Bukavu. Les autorités locales annoncent l’ouverture d’une enquête, mais sur le terrain, la colère et le désespoir dominent.
L’incendie de Mosala n’est pas seulement un accident domestique. Il symbolise la vulnérabilité extrême d’une population laissée à elle-même, vivant dans des constructions précaires sans secours publics. À Bukavu, la chaleur des flammes révèle surtout le froid de l’indifférence institutionnelle.
