COP30 : Simon Stiell appelle à mettre fin aux « tactiques de retardement » et à prouver que la coopération climatique tient encore dans un monde fracturé
À l’ouverture du segment ministériel de haut niveau de la COP30 le 17 novembre 2025 , le Secrétaire exécutif de l’ONU Climat, Simon Stiell, a livré un message clair, sans diplomatie de façade : les États n’ont plus une seconde à perdre et doivent prouver que la coopération climatique reste solide, malgré un contexte géopolitique fragmenté.
S’adressant aux ministres, Stiell a rappelé que la conférence avait déjà franchi son point de non-retour. « Nous ne sommes plus en train de discuter de ce que cette COP doit accomplir. Nous l’accomplissons. Mais nous devons aller plus loin », a-t-il insisté. Il a salué l’esprit de bonne foi observé lors de la première semaine, tout en soulignant l’ampleur des défis :
« Le monde traverse des turbulences, mais je sens une conscience profonde de ce qui est en jeu. »
Le responsable onusien a mis en lumière les avancées obtenues dans l’Action Agenda, désormais pilier de la mise en œuvre de l’Accord de Paris. En une semaine, les États ont mobilisé une dynamique inédite : un plan d’investissement d’un trillion de dollars pour l’énergie propre, un engagement pour quadrupler les carburants durables, une impulsion à l’industrie verte, et le lancement d’un pipeline d’investissements pour l’adaptation.
Stiell s’est toutefois montré direct : ces progrès ne suffisent pas. Le rythme réel des transformations économiques dépasse aujourd’hui celui des négociations.
« L’année dernière, plus de 2,2 trillions de dollars ont été investis dans les énergies renouvelables. Ce n’est pas un luxe, c’est vital », a-t-il rappelé, avant d’ajouter : « Mais l’esprit dans ces salles n’est pas encore à la hauteur de la vitesse du monde réel. »
Face aux catastrophes climatiques qui « détruisent des millions de vies et fragilisent toutes les économies », Stiell a exigé des ministres qu’ils s’attaquent immédiatement aux points de blocage.
« Quand les sujets difficiles sont repoussés à la dernière minute, tout le monde perd. Nous ne pouvons plus nous permettre les tactiques de retardement. Le temps de la diplomatie performative est terminé. »
Sa conclusion sonne comme un ultimatum : « Maintenant, retroussons nos manches, travaillons ensemble, et faisons le travail. »
Le secrétariat, a-t-il assuré, « sera aux côtés des délégations à chaque étape ».
