Des centaines de Congolais arrêtés au Burundi : la Société Civile du Sud-Kivu saisit la Ministre des Affaires étrangères
La Société Civile du Sud-Kivu tire la sonnette d’alarme à Bukavu, le 18 février 2025 sur l’arrestation massive et inexpliquée de plusieurs centaines de jeunes Congolais en séjour au Burundi.
Selon une correspondance adressée à la Ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Coopération Internationale et Francophonie, ces arrestations ont eu lieu à Bujumbura et au poste frontalier de Kavimvira entre le 13 et le 15 février 2025.
D’après le document signé par Samy Jean Takimbula, représentant du Bureau de Coordination de la Société Civile du Sud-Kivu (BCSCS-K), des jeunes congolais présents au Burundi pour diverses raisons (études, visites familiales, activités économiques) ont été arrêtés sans avertissement. Les familles de ces jeunes, désemparées, n’ont à ce jour reçu aucune information sur leur lieu de détention ni sur leur état de santé.
La situation ne concerne pas uniquement les jeunes citoyens ordinaires. « Même des députés, des membres du gouvernement, des magistrats et des hauts fonctionnaires congolais en séjour à Bujumbura ont été victimes d’humiliations similaires », précise la lettre.
La Société Civile du Sud-Kivu rappelle que ces actes constituent une atteinte grave aux droits fondamentaux garantis par la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGI), qui prône la libre circulation des personnes et des biens entre les pays membres.
Face à cette situation alarmante, la Société Civile du Sud-Kivu demande à la Ministre d’État d’interpeller les autorités burundaises afin d’obtenir des explications et la libération immédiate des citoyens congolais détenus.
À défaut d’une réponse satisfaisante de la part du Burundi, elle exhorte le gouvernement congolais à appliquer des mesures de réciprocité à l’égard des ressortissants burundais présents en RDC.
Cette affaire risque d’attiser les tensions entre les deux pays, alors que des efforts diplomatiques sont en cours pour renforcer la coopération régionale.
Le gouvernement congolais n’a pas encore officiellement réagi à cette correspondance. En attendant, les familles des personnes arrêtées restent dans l’angoisse, espérant une intervention rapide des autorités pour obtenir des nouvelles de leurs proches et leur libération.
