Drame de Lomera à Luhihi (Sud-Kivu) : Personne ne connaît le nombre exact de morts
Photo de creuseurs qui regardent dans un de trou en éffondrement photo de BKINFOS.NET | Lomera-Luhihi, 21 juillet 2025
Un drame tragique s’est produit dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 juillet 2025 sur le site minier artisanal de Lomera, dans le groupement de Luhihi, territoire de Kabare au Sud-Kivu. Autour d’un grand avocatier, une quinzaine de puits d’or se sont effondrés, engloutissant des centaines de jeunes creuseurs.
Sur place, le choc est immense. Les survivants parlent d’une scène apocalyptique.
« On est là, on ne fait rien car on est en deuil. Certains de nos amis sont encore sous terre. On ne peut pas travailler alors qu’ils ne sont pas encore enterrés. On est bloqué. Il n’y a plus de boulot. Maintenant, on se demande comment on va faire pour trouver de l’argent afin de rentrer à la maison », confie KULONDWA Bienfait originaire de Walungu, un des rescapés, à BKINFOS.NET.
Son camarade Christophe Heri évoque une véritable catastrophe humaine
« Il y avait un trou avec plus de 20 tambours [chambres souterraines] et dans chaque tambour, il y avait entre 5 et 20 agents creuseurs et pénétrants. Ce qui donne une estimation d’au moins 200 victimes toujours sous terre. »
Sur une superficie d’environ 400 mètres carrés, désormais délimitée par des rubans rouges et blancs, le quartier semble figé dans le silence. Sous les arbres et les paillotes effondrées, les creuseurs attendent, dans l’angoisse. Plusieurs constructions internes se sont effondrées, fragilisant davantage le terrain, déjà fissuré.
À plus de 48 heures après le drame, seuls cinq survivants ont été extraits vivants des décombres. Deux d’entre eux, grièvement blessés, ont été transférés à l’hôpital Formulac de katana par la Croix-Rouge. Mais selon les constats dressés sur place ce 21 juillet, cette dernière n’a pas été associée officiellement aux opérations de recherche des corps.
Le site reste sous contrôle de la hiérarchie locale, des éléments du M23.
Des restrictions strictes interdisent la prise de photos ou de vidéos. Les équipes de fouille hésitent encore à intervenir, de peur que de nouveaux effondrements ne surviennent.
Le silence de la terre est lourd à Lomera. Et le nombre exact de morts demeure un mystère.
