Journée de la forêt 2026 : De données de GFW evoque plus des pertes au PNKB que jamais
Photo CIFOR
Le Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), sanctuaire de biodiversité dans le Sud-Kivu, est en train de subir une pression inédite. Les dernières analyses de Global Forest Watch (GFW), couvrant la période de décembre 2025 à mars 2026, montrent que la forêt recule là où la guerre, la pauvreté et le besoin de survie se croisent.
Quand la forêt devient terrain de survie
Depuis 2001, le parc a déjà perdu 32 000 hectares de forêt, soit environ 5 % de sa couverture totale. Mais les chiffres récents sont encore plus inquiétants : 1 200 hectares ont disparu rien qu’en 2023, et les alertes satellitaires montrent que cette tendance se poursuit en 2025–2026.
Pour les habitants des villages proches du parc, la forêt n’est pas qu’un écosystème : c’est un garde-manger, un moyen de chauffer la maison, un revenu indispensable. Le charbon de bois, produit à partir des arbres coupés, alimente les foyers de Bukavu et Goma. Les champs que les familles cultivent s’étendent vers la forêt, tandis que les routes et sentiers facilitent la circulation des ressources pour les marchés urbains.
“Sans la forêt, nous n’avons rien. Mais en même temps, nous la détruisons pour vivre,” confie un habitant d’un village à la lisière du parc.
Une biodiversité en danger
Le PNKB abrite des espèces uniques, comme les gorilles de Grauer, dont la population est estimée à moins de 3 800 individus. La fragmentation de leur habitat, combinée à la perte continue de couvert forestier, menace leur survie. La forêt est encore là sur les cartes, mais sur le terrain, elle se vide peu à peu de sa richesse.
Quand les chiffres racontent la guerre
Entre mars 2025 et mars 2026, plus de 107 000 alertes de feux actifs ont été enregistrées dans le Sud-Kivu, dont beaucoup dans le parc. Ces feux ne sont pas accidentels : ils résultent du défrichement, de la production de charbon et parfois des tensions liées aux groupes armés.
Ainsi, la forêt devient un indicateur de la crise : elle reflète la pauvreté, les conflits et l’absence de contrôle institutionnel. La destruction n’est pas seulement écologique, elle est sociale et humaine.
Un appel à l’action
Les experts et ONG appellent à une réponse urgente : surveillance renforcée, implication des communautés locales et coordination avec les autorités. Car derrière chaque hectare perdu, ce sont des familles, des gorilles et un patrimoine mondial qui sont menacés.
La forêt du Kahuzi-Biega n’est pas qu’un espace naturel, elle est le miroir des choix que nous faisons entre survie et préservation, entre urgence humaine et responsabilité écologique.
Redaction
