RDC : La première foire semenciere redonne vie aux communautés autochtones et locales du Maniema
Un vent d’espoir a soufflé ce dimanche 15 juin 2025 sur la commune rurale de Wamaza, au cœur de la province du Maniema. Pour la toute première fois en République Démocratique du Congo, une foire semencière a été organisée, à l’initiative du Congo Basin Conservation Society Network (CBCS-Network), avec l’appui de PORTICUS, AFSA et CS Fund.
Sur les étals improvisés à même le sol, les produits locaux et semences paysannes témoignaient de la richesse agricole du congo kinshasa, haricots, patates douces, ananas, palmistes, soja, sorgho, maïs, bananiers, riz, arachides, et bien d’autres variétés traditionnelles.
L’Administrateur du territoire de Kbambare , présent sur le site, n’a pas caché sa fierté de voir son territoire accueillir une telle première innitiative agro écologique.
« C’est un honneur que Wamaza ait été choisi pour lancer cette initiative. Cela montre que notre terre est encore fertile en potentiel et en savoir-faire », a-t-il déclaré.
Surnommé autrefois le « grenier de la RDC », le Maniema renoue avec ses racines à travers cette activité. Dans un contexte où les semences locales sont progressivement marginalisées par l’agriculture industrielle, cette foire a redonné une voix aux connaissances traditionnelles et à l’autonomie alimentaire des communautés locales et autochtones.
La foire s’inscrit dans le cadre du projet « Soutenir les mouvements visant à influencer les politiques en faveur de l’agroécologie et à réduire la pression sur les forêts en RDC », mis en œuvre dans le Maniema et le Sud-Kivu. Deux provinces à la biodiversité exceptionnelle, mais menacées par l’exploitation minière et forestière.
C’est également à Wamaza territoirr de Kbambare que la campagne « MA SEMENCE, MA VIE » a été officiellement lancée en RDC. Son message est clair : préserver les semences paysannes, c’est préserver la vie.
« Même dans les zones de conflit, quand une famille possède encore des semences paysannes, il reste une chance de recommencer. C’est une graine d’espoir que rien ne peut voler », a confié une agricultrice venue de Kasongo.
Cette campagne dénonce la dépendance croissante aux semences industrielles, souvent hybrides ou OGM, mal adaptées aux réalités locales, peu résilientes face aux changements climatiques et déconnectées des ambitions environnementales nationales (CDN, SPANB).

À travers ces foires semencières, CBCS-Network poursuit trois objectifs majeurs renforcer les mouvements agroécologiques de base, portés par les communautés elles-mêmes ;promouvoir l’échange de semences paysannes, pour préserver la diversité génétique locale ; encourager des politiques locales en faveur de l’agroécologie et de la protection des forêts.
Les semences présentées à Wamaza n’étaient pas de simples produits agricoles, elles portaient en elles l’histoire, l’identité et la résilience des peuples. À chaque variété partagée, c’est une tradition qui se perpétue et un avenir qui se cultive.
CBCS-Network et ses partenaires espèrent étendre cette dynamique à d’autres territoires congolais. « Défendre les semences paysannes, c’est aussi défendre la souveraineté alimentaire, la biodiversité du bassin du Congo, et le droit des communautés à vivre dignement de leur terre. » a conclut Josué ARUNA SEFU coordonateur de cette organisation.

