Sud-Kivu : des mouvements citoyens haussent le ton contre les 32 députés nationaux, accusés de silence face à la crise
Les mouvements citoyens du Sud-Kivu ont publié, lundi 25 mai 2026, un communiqué conjoint particulièrement critique visant les 32 députés nationaux élus de la province. Ils les accusent de silence, d’inaction et de déconnexion face à la crise sécuritaire, économique et humanitaire persistante dans l’Est de la RDC.
Parmi les signataires figurent notamment la LUCHA, Filimbi, le Front Citoyen, la Génération Z RDC et le Parlement de la Rue. Dans leur déclaration, ils dénoncent une « désertion civique » des élus, estimant que ceux-ci ne jouent plus pleinement leur rôle de relais des populations touchées par les conflits armés.
Les organisations citoyennes évoquent une situation marquée par la dégradation des conditions de vie : fermeture des frontières, paralysie du système bancaire, asphyxie du commerce local, hausse de la précarité et détérioration continue de la sécurité dans plusieurs territoires du Sud-Kivu.
Selon elles, les députés nationaux n’exerceraient pas suffisamment leur mission de contrôle parlementaire ni de plaidoyer en faveur des populations affectées. Elles leur reprochent également une proximité jugée excessive avec le pouvoir central, au détriment des réalités vécues sur le terrain.
Le communiqué élargit aussi le débat à la question d’une éventuelle révision constitutionnelle en RDC.
Les mouvements citoyens estiment qu’un tel processus, dans un contexte de guerre et de crise humanitaire, serait politiquement inopportun et risquerait d’aggraver les tensions nationales.
En termes de revendications, ils exigent des élus du Sud-Kivu une prise de position publique sur les enjeux constitutionnels, un contrôle parlementaire plus rigoureux de la gestion de la crise, une proximité accrue avec les populations et une transparence sur les ressources mobilisées pour la province.
Le communiqué se conclut sur une interpellation ferme, rappelant que les populations
« observent, documentent et jugeront » l’action de leurs représentants dans cette période de forte tension socio-politique.
Dans le même temps, plusieurs rapports récents confirment la persistance d’une situation humanitaire et sécuritaire fragile dans la province, alimentant un climat de pression croissante sur les institutions politiques nationales et provinciales.
