Sud-Kivu | Kalehe : à Ziralo, les pluies transforment la survie en urgence humanitaire
À Ziralo, dans le territoire de Kalehe, la pluie n’est plus seulement un phénomène climatique. Entre le 27 et le 29 décembre 2025, des précipitations d’une rare intensité ont fait basculer ce groupement du Sud-Kivu dans une nouvelle crise humanitaire, révélant une fois de plus la fragilité structurelle des communautés rurales face aux chocs climatiques.
Les fortes pluies ont provoqué des inondations et des éboulements de terre, laissant derrière elles un paysage de désolation. Des champs de cultures vivrières ont été emportés par l’érosion, des étangs piscicoles détruits, des maisons envahies par les eaux. Les routes et ponts de desserte agricole, déjà précaires, ont cédé, coupant l’accès à plusieurs villages et isolant des centaines de familles.
Le bilan humain, bien que provisoire, est lourd. Selon le Comité humanitaire de base locale, plus de cinq personnes ont été grièvement blessées. Au village de Kisha, un père de famille et ses quatre fils ont été surpris par un éboulement alors qu’ils travaillaient dans leur champ. Tous sont actuellement hospitalisés dans une structure de santé locale, confrontée à un manque criant de moyens.
Mais au-delà des blessures visibles, la catastrophe a touché des infrastructures vitales. Les captages d’eau alimentant les centres de santé de Mututira et de Tushunguti ont été endommagés, compromettant l’accès à l’eau potable. Les habitants sont désormais contraints de consommer une eau insalubre, faisant planer le risque d’une recrudescence de maladies hydriques, notamment dans un contexte sanitaire déjà fragile.
« Cette catastrophe naturelle vient s’ajouter à une longue série de vulnérabilités », explique Bwale Kisoo, président du Comité humanitaire de base de Ziralo.
Conflits armés récurrents, pauvreté chronique et catastrophes naturelles successives forment un cocktail qui épuise les capacités de résilience des communautés locales.
Face à l’ampleur des dégâts, les acteurs communautaires lancent un appel pressant aux autorités, aux organisations humanitaires et aux partenaires techniques. L’urgence est double : porter assistance aux sinistrés et restaurer rapidement les infrastructures hydrauliques et sanitaires, condition indispensable pour prévenir une crise sanitaire de grande ampleur.
À Ziralo, l’attente se prolonge. Pendant ce temps, les familles affectées tentent de survivre entre pénurie alimentaire, risques sanitaires et perte de leurs moyens de subsistance.
Cet article est produit dans le cadre du projet Habari za Mahali, une initiative du consortium RATECO–REMEL, avec le soutien de Media4Dialogue de La Benevolencija.
