Sud-Kivu : la crise sécuritaire étrangle la scolarité des enfants à Kamanyola
À Kamanyola, dans le territoire de Walungu au Sud-Kivu, la crise économique et humanitaire provoquée par l’escalade des conflits armés frappe de plein fouet les familles, avec une conséquence directe et alarmante : l’accès à l’éducation devient un luxe pour de nombreux ménages.
Plusieurs parents d’élèves du secondaire peinent aujourd’hui à s’acquitter des frais scolaires. La raison est connue de tous : perte d’emplois, activités économiques paralysées, pillages répétés des biens et des moyens de subsistance. En quelques semaines, des familles autrefois autonomes ont basculé dans une précarité brutale.
« Nous voulons simplement la paix », confie un parent rencontré à Kamanyola. « Si la sécurité revient, nous pourrons reprendre nos activités et payer l’école de nos enfants ».
Derrière cette phrase, une réalité partagée : sans stabilité, il n’y a ni revenus durables, ni avenir scolaire garanti.
La situation ne se limite pas aux écoles secondaires. Même au niveau primaire, pourtant censé être plus accessible, certains parents n’arrivent plus à honorer les frais connexes liés à la scolarité : fournitures, uniformes, contributions diverses. Les directeurs d’écoles alertent sur le risque croissant de décrochage scolaire et d’abandon définitif des études, notamment chez les enfants les plus vulnérables.
Kamanyola n’est malheureusement pas un cas isolé. Des réalités similaires sont observées dans plusieurs territoires et villes du Sud-Kivu, où l’insécurité persistante fragilise le tissu social et compromet le droit fondamental à l’éducation.
Au-delà des chiffres et des discours, ce sont des trajectoires d’enfants qui se brisent en silence. Sans retour durable de la paix, c’est toute une génération qui risque de payer le prix fort d’une crise qui dépasse largement les salles de classe.
