Sud-Kivu : l’accès des femmes à la terre et à l’héritage au cœur d’un plaidoyer stratégique
Aucune femme ne devrait être exclue de l’accès à la terre ni de son droit à l’héritage. Ce message fort a dominé les échanges lors de l’atelier de restitution des résultats d’une étude sur les violations des droits des femmes et des jeunes filles, organisé par KARIBU JEUNESSE NOUVELLE (KJN) du 30 au 31 mars 2026 au Nard Hotel.
Portée dans le cadre du projet « Femme, Terre, Paix et Sécurité », cette rencontre a réuni des acteurs institutionnels, juridiques et de la société civile autour d’un enjeu structurant : sécuriser les droits fonciers des femmes dans un contexte de conflit persistant au Sud-Kivu.
Prenant la parole, Papy Kajabika, a rappelé que le cadre légal congolais est sans équivoque.
S’appuyant sur la Constitution de la République démocratique du Congo, notamment en son article 58, ainsi que sur la Loi sur la parité en RDC, il a souligné que l’État garantit l’égalité entre les sexes et protège les droits des femmes, y compris leur accès à la propriété, à l’héritage et à l’initiative privée, comme le stipulent les articles 8 et 18 de ladite loi.
L’étude présentée couvre la période de 2020 à 2025 et met en lumière des violations persistantes, souvent alimentées par des normes coutumières discriminatoires, l’insécurité foncière et les effets aggravants du conflit armé.
Dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, les femmes continuent d’être marginalisées dans les processus d’héritage et d’accès à la terre, malgré un arsenal juridique favorable.
Soutenu par NED, à travers son programme « Democracy, Freedom Around the World », ce projet vise à renforcer la mobilisation communautaire et institutionnelle en faveur des droits fonciers des femmes. L’objectif est clair : transformer les avancées juridiques en réalités tangibles sur le terrain.
Au-delà du diagnostic, cet atelier se veut un catalyseur d’actions. Les parties prenantes ont insisté sur la nécessité d’un engagement accru des autorités locales, des leaders coutumiers et des organisations de la société civile pour faire évoluer les pratiques et garantir une application effective des lois existantes.
Dans une province marquée par les conflits et les déplacements, sécuriser les droits fonciers des femmes apparaît désormais comme un levier stratégique de paix, de stabilité et de développement durable.
