Sud-kivu : Les forces vives de la société civile appelle la justice à enqueter sur un présumé détournement des lingots d’or à bukavu
Lors de la marche organisée le 8 janvier 2025 à Bukavu par la société civile du Sud-Kivu, les activistes ont saisi le Procureur Général près la Cour de Cassation à Kinshasa pour exiger des enquêtes judiciaires rigoureuses concernant la fraude minière et les violations des droits humains liées à l’exploitation illicite des minerais dans la province.
Ce plaidoyer intervient dans un contexte de suspicions accrues et de révélations alarmantes sur les activités des sociétés minières, en particulier celles opérant à Karhembo, dans le territoire de Walungu.
Le 19 décembre 2024, une commission provinciale ad hoc a procédé à l’arrestation de 17 ressortissants chinois sur le site minier de Karhembo. Ces individus étaient en possession de 350 000 dollars et de 3 kg d’or, supposément destinés à corrompre la délégation locale, selon les autorités provinciales. L’utilisation de visas de tourisme par les appréhendés a justifié leur expulsion le 24 décembre 2024.
Cependant, cette expulsion n’a pas mis fin aux controverses. Le 4 janvier 2025, trois autres ressortissants chinois ont été arrêtés dans la même zone, détenant 12 lingots d’or et 800 000 dollars, bien que le gouverneur ait par la suite révisé ce montant à 400 000 dollars. Le 5 janvier 2025, huit autres Chinois ont été interceptés près de l’hôpital général de Ciriri alors qu’ils tentaient de quitter la province via le lac Kivu.
Cette opération a été marquée par l’intervention d’un officier militaire, sans feuille de route ni ordre de mission officiel, pour récupérer les lingots et l’argent saisis.
Face à ces événements, la société civile du Sud-Kivu dénonce une gestion opaque des arrestations et des saisies. Elle remet en question la volonté politique réelle de mettre fin à l’exploitation minière illicite et pointe du doigt les graves violations des droits humains et environnementaux dans plusieurs territoires de la province, notamment Mwenga, Fizi, Kabare, Shabunda et Kalehe.
« Il est impensable que les communautés locales continuent de croupir dans la misère alors que leurs terres sont pillées sous les yeux des autorités », s’indigne Maître SAFARI MAURICE Rapporteur du Bureau de coordination de la société civile du Sud-kivu lors de la lecture de mémorandum devant le parquet de Bukavu.
Dans sa lettre adressée au Procureur Général sont une copie est réservée à www.bkinfos.net, les forces vives de la société civile du sud-kivu exprime sa disponibilité à fournir à la justice des rapports documentés sur les fraudes minières et les violations des droits humains afin de soutenir les enquêtes judiciaires. Elle insiste sur la nécessité de démontrer que la République Démocratique du Congo est un État de droit où la justice peut sévir contre les corrupteurs et les corrompus.
De plus, la société civile demande que les enquêtes s’étendent à toutes les entreprises minières opérant dans la province, y compris celles des territoires souvent négligés tels qu’Idjwi, Uvira, Kabare et Walungu.
