Sud-Kivu : Les jeunes de Mwenga et Walungu dénoncent une traque ciblée des agents de Boda Mining
Lors de la marche organisée le 8 janvier 2025 par la société civile du Sud-Kivu devant le bureau du gouverneur, les jeunes des territoires de Mwenga et Walungu ont vivement critiqué ce qu’ils considèrent comme une opération sélective et partiale. Ils ont dénoncé une gestion biaisée de la lutte contre l’exploitation minière illégale, arborant des inscriptions interpellant l’autorité provinciale «
Pourquoi le gouvernement provincial cible-t-il uniquement les agents de Boda Mining alors que des centaines de sociétés chinoises exploitent illégalement les minerais au Sud-Kivu ?
» Des arrestations controversées Les manifestants ont exprimé leur indignation face aux arrestations récentes. Les 14 premiers Chinois interpellés, ainsi que trois autres arrêtés par la suite, sont tous des employés de la société Boda Mining. Selon Crispin Pongo, président de la jeunesse Lega : > « Pourquoi traquer ces Chinois sur les routes alors que les mines où ils exploitent illégalement restent intactes ? » Les jeunes estiment que cette approche trahit des conflits d’intérêts et une volonté d’éviter d’autres sociétés implantées dans des zones comme la chefferie de Wamuzimu, à Mwenga, où de nombreuses activités illégales se poursuivent en toute impunité. Des exploitations à grande échelle négligées Dans le village de Karhembo, situé à la frontière entre les territoires de Mwenga et Walungu, la société Golden Mining Construction continue d’exploiter les ressources minières de manière industrielle. Ses installations incluent des pelles chargeuses, des camions de grande capacité, des dragues robotisées, des laveries industrielles et des groupes électrogènes. Malgré des irrégularités manifestes, ces sociétés ne semblent pas faire l’objet d’une traque rigoureuse. Cette situation alimente les doutes sur les motivations réelles du gouvernement provincial, accusé de concentrer ses efforts sur une seule entreprise, Boda Mining. Des sanctions insuffisantes Certaines sociétés chinoises impliquées dans l’exploitation illicite ont été sanctionnées par des amendes : Louis SARL, condamnée à 100 000 dollars américains ; BM Global Business, sanctionnée à hauteur de 20 000 dollars ; Boda Mining, pénalisée de 25 000 dollars ; Golden Mining Construction, soumise à une amende de 75 000 dollars. Bien que ces amendes aient été intégralement payées, les jeunes dénoncent l’absence de suivi sur le terrain et une tolérance implicite envers d’autres sociétés opérant dans l’illégalité. Appel à une transparence accrue Mbamba Gally, originaire de Walungu, a appelé à des explications claires de la part du gouvernement provincial : > « Pourquoi s’acharner uniquement sur Boda Mining et épargner d’autres sociétés qui violent également la loi ? » Les manifestants exigent une traque équitable et globale de toutes les entreprises impliquées dans l’exploitation minière illégale au Sud-Kivu. Ils demandent au gouvernement de démontrer une véritable volonté politique et de garantir une gestion transparente des ressources naturelles. Ce mécontentement met en lumière les défis complexes de la gouvernance minière dans la région, souvent marquée par des intérêts conflictuels et une application inégale de la justice.
