Sud-Kivu : les humanitaires en première ligne face aux obstacles pour secourir les victimes

Sud-Kivu : les humanitaires en première ligne face aux obstacles pour secourir les victimes

 

Malgré une situation sécuritaire toujours préoccupante et de lourdes contraintes logistiques, les organisations humanitaires poursuivent leurs efforts pour venir en aide aux populations affectées par les conflits armés au Sud-Kivu. Toutefois, l’accès aux zones les plus touchées demeure fortement limité, exposant des milliers de déplacés à une crise humanitaire persistante.

Dans plusieurs territoires de la province, notamment Kalehe, Kabare et Bunyakiri, les civils continuent de payer un lourd tribut à l’insécurité. Déplacements forcés, pénuries alimentaires, manque de soins médicaux et précarité généralisée rythment le quotidien de nombreuses familles contraintes de fuir leurs villages.

Face à cette situation, les acteurs humanitaires restent mobilisés. Le Programme alimentaire mondial (PAM), l’UNICEF, ACTED, TPO/DRC, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et Médecins Sans Frontières (MSF) organisent régulièrement des distributions d’aide humanitaire dans plusieurs zones affectées, en collaboration avec les communautés locales, afin d’identifier et de répondre aux besoins les plus urgents.

Pour Madame Fadhili Mubole, coordinatrice de l’organisation Kesho ni Njema, les stratégies d’intervention doivent être renforcées :

« Les organisations humanitaires doivent continuer à surmonter les obstacles et adopter des mécanismes plus efficaces pour assister les populations en détresse », plaide-t-elle, appelant à une intensification des actions dans les zones en conflit.

Insécurité et routes coupées

L’acheminement de l’aide reste cependant fortement entravé. La fermeture de la Route nationale n°3, combinée à l’insécurité croissante, complique l’accès à plusieurs localités. À Bunyakiri (Kalehe) et dans certains groupements de Kabare, la présence d’engins explosifs et les attaques armées rendent les déplacements particulièrement risqués.

Pierre Bisimwa Cibumbiro, humanitaire basé à Kabare, dénonce une situation alarmante :

« Nos équipes sont parfois ciblées, et certains agents ont été enlevés. Cette insécurité empêche l’assistance et aggrave la souffrance des déplacés, privés de nourriture, de soins et d’abris. »

Des défis multiples

Au-delà de l’insécurité, l’action humanitaire est freinée par le manque d’infrastructures, les routes impraticables, les contraintes administratives et les limites financières. Malgré cela, les organisations tentent d’innover pour atteindre les communautés isolées.

Justin Ombeni, directeur adjoint du Centre de Recherche pour la Promotion de la Santé (CRPS), insiste sur la nécessité d’un appui institutionnel : un accès humanitaire sécurisé, la protection des civils et la facilitation des déplacements restent indispensables pour répondre efficacement à cette crise.

Sans un engagement accru et coordonné, préviennent les acteurs humanitaires, des milliers de déplacés continueront de vivre dans une extrême précarité, en attente d’une aide difficilement accessible.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.

Benjamin Kalumuna

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