Sud-Kivu : Plus de 2 700 déplacés recensés à Izege
En quelques mois, le groupement d’Izege, dans le territoire de Walungu (Sud-Kivu), est devenu le nouvel épicentre du déplacement interne dans la province. Depuis mai 2025, pas moins de 2 791 personnes déplacées y ont été recensées.
Ces familles fuient leurs villages devenus invivables en raison de violences et de pillages. Arrivées souvent sans biens ni moyens de subsistance, elles dépendent quasiment de la solidarité locale, désormais dépassée. Face à cet afflux massif, l’équilibre fragile d’Izege a été profondément bouleversé.
Ces familles viennent principalement des groupements de Kaniola et de Walungu-centre ainsi que du village de Kalulu (territoire de Kabare), toutes zones récemment frappées par l’insécurité.
À leur arrivée à Izege, beaucoup ne possèdent plus rien : sans abri défini ni ressources, elles doivent recommencer à zéro. La population locale, elle-même pauvre, tente de les soutenir tant bien que mal, mais les stocks de nourriture et de matériel s’épuisent.
Parmi ces déplacés, un grand nombre sont des enfants, des personnes âgées ou malades, les plus exposés à la précarité ambiante.
Sur le terrain, la situation humanitaire est alarmante. « Les déplacés vivent dans des conditions extrêmement difficiles », alerte Kulondwa Baganda, secrétaire administratif d’Izege.
Selon lui, la population est confrontée à un manque criant de nourriture, à des sources d’eau potable insuffisantes et à un accès très limité aux soins de santé. Dans ces conditions, les enfants et les personnes fragiles sont particulièrement exposés à la malnutrition et aux maladies.
Face à l’ampleur des besoins, les autorités locales ont tiré la sonnette d’alarme en lançant un appel urgent à l’aide humanitaire. Elles demandent aux organisations caritatives, aux agences onusiennes et aux gouvernements provinciaux d’intervenir rapidement pour apporter nourriture, abri et soins médicaux.
Sans une réponse immédiate, avertissent-elles, la situation pourrait se détériorer davantage, aggravant la souffrance de milliers de personnes déjà éprouvées par l’exil forcé.
La communauté humanitaire suit de près la crise pour coordonner une réponse adaptée. Plusieurs ONG redoutent une catastrophe si la situation reste en l’état, appelant à la vigilance face aux besoins immédiats.
